Après un chapitre 15 marqué par le rejet total et la solitude totale de Jésus, tout semble terminé. Jésus est mort, son corps a été mis dans un tombeau, la pierre a été roulée, et le silence s’est installé. Humainement, tout est fini. Il n’y a plus d’espoir, plus de mouvement, plus de réponse… seulement l’attente.
Mais le chapitre 16 commence justement là où tout semblait s’arrêter. Très tôt le matin, alors que le soleil se lève, quelque chose de nouveau est en train de commencer. Ce qui paraissait être une fin va devenir un commencement. Ce qui ressemblait à une défaite va être renversé.
Le silence du tombeau ne va pas durer.
La mort n’a pas le dernier mot.
Ce chapitre va nous faire passer progressivement de la peur à la révélation, du doute à la foi, et du silence à une mission qui va s’étendre au monde entier.
16:1 Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des aromates, afin d'aller embaumer Jésus.
16:2 Le premier jour de la semaine, elles se rendirent au sépulcre, de grand matin, comme le soleil venait de se lever.
16:3 Elles disaient entre elles: Qui nous roulera la pierre loin de l'entrée du sépulcre?
16:4 Et, levant les yeux, elles aperçurent que la pierre, qui était très grande, avait été roulée.
Lorsque le sabbat est passé, les femmes peuvent enfin agir. Le sabbat, c’est le jour de repos pour les Juifs, du vendredi soir au samedi soir, un jour où tout s’arrête, où l’on ne travaille pas, où l’on ne fait rien de ce genre. Elles ont donc attendu, même dans leur tristesse. Elles respectent ce temps, puis dès qu’il se termine, elles passent à l’action.
On retrouve encore Marie de Magdala et l’autre Marie avec Salomé. Ce n’est pas un détail. Elles étaient déjà là à la croix, elles étaient là quand Jésus a été mis dans le tombeau, et elles sont encore là maintenant. Elles ne fuient pas, elles restent jusqu’au bout.
Elles achètent des aromates pour embaumer Jésus. Cela veut dire qu’elles viennent prendre soin du corps, mettre des parfums pour honorer le mort. Elles viennent avec une intention simple : s’occuper de Jésus comme d’un corps sans vie. Elles ne s’attendent pas à autre chose.
Puis le texte précise : le premier jour de la semaine, très tôt, au lever du soleil. Ce détail est important. Une nouvelle semaine commence, un nouveau cycle. Et la lumière revient après l’obscurité. Comme si quelque chose de nouveau était en train de commencer, même si elles ne le savent pas encore.
Sur le chemin, elles se posent une question très concrète : « Qui nous roulera la pierre ? » Elles veulent faire quelque chose, mais elles savent qu’il y a un obstacle. La pierre qui fermait le tombeau était très grande, très lourde, impossible à déplacer pour elles seules.
Et là, tout change. En levant les yeux, elles voient que la pierre a déjà été roulée. Ce qu’elles pensaient être un problème est déjà réglé. Elles n’ont rien fait, elles viennent avec leurs limites, leurs questions… mais Dieu a déjà agi avant même leur arrivée.
Ce détail est fort : elles s’attendent à un tombeau fermé… mais quelque chose a déjà changé.
16:5 Elles entrèrent dans le sépulcre, virent un jeune homme assis à droite vêtu d'une robe blanche, et elles furent épouvantées.
16:6 Il leur dit: Ne vous épouvantez pas; vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié; il est ressuscité, il n'est point ici; voici le lieu où on l'avait mis.
16:7 Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il vous précède en Galilée: c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit.
16:8 Elles sortirent du sépulcre et s'enfuirent. La peur et le trouble les avaient saisies; et elles ne dirent rien à personne, à cause de leur effroi.
Quand elles arrivent au tombeau, la pierre est déjà roulée. Ce détail est essentiel : elle n’est pas enlevée pour que Jésus sorte, il est déjà ressuscité. Elle est enlevée pour que les femmes puissent entrer et voir, pour qu’il n’y ait aucun doute. Le tombeau est ouvert, vide, réel.
Elles entrent, et tout bascule. Elles voient un jeune homme assis, vêtu d’une robe blanche. Le texte ne dit pas “ange”, mais tout montre que c’est une présence céleste. Il apparaît sous une forme humaine, mais ce qu’elles voient dépasse ce qui est normal. Elles ne s’attendaient pas du tout à cela.
Alors leur réaction est forte : elles sont épouvantées. Parce que tout s’accumule d’un coup la pierre enlevée, le corps disparu, cette présence et cela les dépasse complètement.
Le jeune homme leur parle et dit : « Ne vous épouvantez pas. » Puis il annonce quelque chose qui change tout : « Vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié… il est ressuscité, il n’est pas ici. » En une phrase, tout bascule. La mort n’a pas gagné. Le tombeau est vide. Jésus est vivant.
Il ajoute ensuite : « Voici le lieu où on l’avait mis. » Comme pour leur montrer que ce n’est pas une idée ou une illusion, mais une réalité visible.
Puis vient un détail très fort : « Allez dire à ses disciples, et à Pierre. » Pierre est nommé spécialement. Lui qui a renié Jésus, qui a chuté au moment le plus important, n’est pas oublié. Il n’est pas rejeté. Avant même de parler de mission, Dieu le restaure. C’est comme si ce message disait qu’il est toujours appelé.
Mais il y a aussi plus. Pierre a un rôle particulier. Il sera utilisé pour annoncer, pour ouvrir un chemin, d’abord aux Juifs puis aussi aux païens. Celui qui a renié devient celui qui va annoncer. Mais l’ordre est important : d’abord la grâce, ensuite la mission.
Malgré tout cela, les femmes sortent et s’enfuient. Le texte insiste : peur, trouble, effroi. Ce n’est pas une simple peur, c’est un choc total. Elles sont dépassées, bouleversées, perdues. Elles viennent pour un mort, et elles découvrent que la mort est vaincue.
C’est trop grand, trop inattendu. Alors elles partent en silence, non pas parce qu’elles ne croient pas, mais parce que tout ce qu’elles vivent dépasse leur compréhension sur le moment.
Ce passage montre que la résurrection n’est pas un événement calme ou logique. C’est un bouleversement profond, une réalité qui dépasse l’humain. Mais au milieu de la peur, une vérité reste : Jésus n’est plus dans le tombeau, il est vivant.
16:9 Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut d'abord à Marie de Magdala, de laquelle il avait chassé sept démons.
16:10 Elle alla en porter la nouvelle à ceux qui avaient été avec lui, et qui s'affligeaient et pleuraient.
16:11 Quand ils entendirent qu'il vivait, et qu'elle l'avait vu, ils ne le crurent point.
16:12 Après cela, il apparut, sous une autre forme, à deux d'entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne.
16:13 Ils revinrent l'annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus.
16:14 Enfin, il apparut aux onze, pendant qu'ils étaient à table; et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur coeur, parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité.
Jésus est ressuscité le premier jour de la semaine, et il apparaît d’abord à Marie de Magdala. Ce n’est pas un hasard si le texte précise qu’il avait chassé d’elle sept démons. Cela montre d’où elle vient : une vie marquée, brisée, totalement délivrée. Et maintenant, c’est elle qui devient la première témoin. Comme si celui qui a reçu profondément la grâce est aussi celui qui peut en témoigner.
Elle va annoncer la nouvelle aux disciples, qui sont dans la tristesse et les pleurs. Mais quand ils entendent que Jésus est vivant et qu’elle l’a vu, ils ne la croient pas. Pourtant, Jésus l’avait annoncé plusieurs fois. Mais entendre n’est pas comprendre, et comprendre n’est pas croire. Ils avaient entendu ses paroles, mais ils ne les avaient pas intégrées. Dans leur vision, le Messie devait régner, pas mourir. Alors la croix a brisé toutes leurs attentes.
Ensuite, Jésus apparaît à deux d’entre eux en chemin, mais sous une autre forme. C’est le même Jésus, mais avec un corps glorifié, une réalité nouvelle qui n’est pas immédiatement reconnaissable. Eux aussi reviennent témoigner… mais ils ne sont pas crus non plus.
Là, on voit quelque chose de fort : malgré plusieurs témoignages, malgré les paroles de Jésus avant sa mort, ils restent incrédules. Le choc est trop grand. Leur cœur est lent à croire. La résurrection dépasse totalement leur compréhension.
Finalement, Jésus apparaît aux onze pendant qu’ils sont à table. Et il leur reproche leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu’ils n’ont pas cru ceux qui l’avaient vu ressuscité. Ils avaient les paroles, ils avaient les témoignages… mais ils n’ont pas fait confiance.
Et pourtant, c’est ça qui rend tout encore plus puissant. Parce que ces mêmes hommes, qui doutent et qui n’arrent pas à croire, vont devenir ensuite des témoins prêts à tout donner. Non pas parce qu’on leur a raconté une histoire… mais parce qu’ils ont été confrontés eux-mêmes à la réalité du Jésus ressuscité.
16:15 Puis il leur dit: Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création.
16:16 Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.
16:17 Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront les démons; ils parleront de nouvelles langues;
16:18 ils saisiront des serpents; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur feront point de mal; ils imposeront les mains aux malades, et les malades, seront guéris.
Après s’être révélé à ses disciples, Jésus ne s’arrête pas là. Il leur confie une mission claire, directe, essentielle : aller dans le monde entier et annoncer la bonne nouvelle.
Cette bonne nouvelle, ce n’est pas juste un message positif. C’est une réalité : Jésus est vivant, il est ressuscité, il a vaincu la mort et il ouvre désormais un chemin vers Dieu. C’est une nouvelle alliance. Avant, il y avait une séparation à cause du péché. Maintenant, par Jésus, l’accès est ouvert. Il révèle Dieu, il est Seigneur, et tout passe par lui.
Puis Jésus dit quelque chose de très fort : "celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné". Le choix est posé, clairement. Croire, c’est accueillir ce que Jésus a fait, c’est entrer dans ce salut. Refuser, ce n’est pas juste “ne pas être d’accord”, c’est rester dans la séparation. Ce n’est pas une menace, c’est une conséquence.
Comme une porte ouverte :
tu entres → tu es sauvé
tu refuses → tu restes dehors
Le baptême vient comme un signe. Il ne sauve pas en lui-même, mais il montre une décision intérieure s’identifier à Jésus, entrer dans une nouvelle vie avec lui.
Ensuite, Jésus parle des signes qui accompagneront ceux qui croient. Il ne dit pas que tous doivent les produire, ni que c’est un objectif en soi, mais que Dieu peut agir à travers eux. Et il précise quelque chose d’essentiel : tout se fait en son nom. Ce n’est pas un pouvoir humain, c’est une autorité qui vient de lui.
Il parle de chasser les démons, de parler de nouvelles langues, de protection face au danger, de guérison des malades. Tout cela montre que Jésus agit encore, que sa puissance continue, que rien ne peut arrêter ce qu’il a commencé. Ce ne sont pas des choses à provoquer ou à tester, mais des signes que Dieu peut manifester selon sa volonté.
Au final, le cœur de ce passage n’est pas dans les miracles, mais dans la mission : annoncer que Jésus est vivant, inviter à croire, et vivre dans cette réalité.
Parce que les signes pointent tous vers une seule chose : Jésus est vivant, et il agit encore aujourd’hui.
16:19 Le Seigneur, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel, et il s'assit à la droite de Dieu.
16:20 Et ils s'en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux, et confirmait la parole par les miracles qui l'accompagnaient.
Ces derniers versets viennent comme une conclusion, mais en réalité, ils ouvrent quelque chose de nouveau.
Le texte ne dit plus seulement “Jésus”, mais “le Seigneur”. Ce n’est pas un détail. “Jésus”, c’est le nom de l’homme qu’ils ont suivi, celui qu’ils ont vu marcher, parler, souffrir. Mais “le Seigneur”, c’est son autorité, sa position, sa gloire. Après la résurrection, il n’est plus seulement reconnu comme un maître ou un prophète : il est reconnu comme celui qui règne.
Puis il est écrit qu’il “fut enlevé au ciel”. Cela signifie qu’il quitte physiquement la terre. Ce n’est pas une disparition vague ou symbolique. C’est un passage réel : il n’est plus présent de manière visible, mais cela ne veut pas dire qu’il est absent. Sa présence change de forme, mais elle reste réelle.
Ensuite, il est dit qu’il “s’assit à la droite de Dieu”. Là encore, c’est très fort. Être à la droite, dans la culture biblique, c’est la place d’honneur, d’autorité, de pouvoir. Cela veut dire que Jésus a terminé son œuvre, qu’il est élevé, et qu’il règne avec Dieu. Il n’est plus dans la souffrance ou dans l’humiliation : il est dans la gloire.
Après cela, les disciples entrent en scène. Eux qui avaient peur, qui doutaient, qui s’étaient cachés, vont maintenant partout pour annoncer la bonne nouvelle. Quelque chose a changé en eux. Ils ont vu Jésus vivant, et ça transforme tout.
Mais il y a un point essentiel : ils ne sont pas seuls. Le texte dit que “le Seigneur travaillait avec eux”. Même s’il est monté au ciel, il agit toujours. Il accompagne, il soutient, il agit derrière ce qu’ils font. Leur mission n’est pas humaine seulement, elle est portée par Dieu lui-même.
Et enfin, il est écrit qu’il “confirmait la parole par les miracles qui l’accompagnaient”. Les miracles ne sont pas là pour impressionner ou faire du spectacle. Ils sont là pour confirmer que ce qu’ils annoncent est vrai. C’est comme une signature de Dieu il appuie leur message.
Au final, ces versets montrent un renversement complet. Jésus n’est plus visible, mais il règne. Les disciples parlent, mais Dieu agit avec eux. Le message est annoncé, et Dieu le confirme.
Ce n’est pas la fin de l’histoire. C’est le début de la mission.