Après avoir parcouru les villes et les villages pour annoncer le Royaume de Dieu, enseigner les foules et guérir les malades, Jésus entre maintenant dans une nouvelle étape de son ministère. Jusqu’ici, les disciples ont principalement observé son œuvre, entendu ses enseignements et été témoins de son autorité. Désormais, Jésus va les appeler à participer eux-mêmes à cette mission.
Ce chapitre marque le premier envoi des douze apôtres. Jésus leur confie une autorité particulière et les prépare à annoncer le message du Royaume auprès du peuple d’Israël. Mais cet envoi ne se limite pas à des instructions pratiques. Jésus enseigne également ce que signifie être son disciple. Il parle de confiance en Dieu, de dépendance envers sa providence, du courage nécessaire pour annoncer la vérité et des difficultés que rencontreront ceux qui le suivent.
Tout au long du chapitre, Jésus prépare ses disciples à une réalité exigeante : ils seront appelés à servir, à persévérer au milieu de l’opposition, à placer Dieu au-dessus de toute autre attache et à demeurer fidèles quelles que soient les circonstances.
Ce discours révèle ainsi à la fois la mission confiée aux apôtres et le prix du véritable discipulat. Il montre que suivre Jésus ne consiste pas seulement à recevoir ses bénédictions, mais aussi à marcher à sa suite avec foi, fidélité et persévérance.
À travers ces enseignements, Matthieu nous fait découvrir comment Jésus forme ses envoyés et les prépare à poursuivre l’œuvre du Royaume de Dieu
10:1 Puis, ayant appelé ses douze disciples, il leur donna le pouvoir de chasser les esprits impurs, et de guérir toute maladie et toute infirmité.
10:2 Voici les noms des douze apôtres. Le premier, Simon appelé Pierre, et André, son frère; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère;
10:3 Philippe, et Barthélemy; Thomas, et Matthieu, le publicain; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée;
10:4 Simon le Cananite, et Judas l'Iscariot, celui qui livra Jésus.
Après avoir parlé de la grande moisson à la fin du chapitre précédent, Jésus passe maintenant à l’action en appelant douze disciples qu’il choisit pour devenir ses apôtres. Le nombre douze n’est pas anodin. Il rappelle les douze tribus d’Israël et montre que Jésus est en train de rassembler le peuple de Dieu autour de lui.
Matthieu énumère alors les noms des douze apôtres. Parmi eux se trouvent des hommes aux parcours très différents : des pêcheurs comme Pierre, André, Jacques et Jean, un ancien collecteur d’impôts comme Matthieu, ainsi que d’autres disciples moins connus. Jésus ne se contente pas de les appeler ; il leur confie également une autorité particulière. Il leur donne le pouvoir de chasser les esprits impurs et de guérir les malades.
Cette autorité ne vient pas d’eux-mêmes, mais de Jésus. Les miracles qu’ils accompliront devront témoigner de la puissance de Dieu et confirmer le message qu’ils sont envoyés annoncer.
Pour la première fois dans l’Évangile de Matthieu, les disciples ne sont plus simplement des observateurs du ministère de Jésus. Ils deviennent ses envoyés et sont appelés à participer eux-mêmes à l’œuvre du Royaume de Dieu.
La présence de Judas l’Iscariot dans cette liste rappelle également que Jésus connaît dès le commencement ceux qu’il appelle, y compris celui qui le livrera plus tard.
10:5 Tels sont les douze que Jésus envoya, après leur avoir donné les instructions suivantes: N'allez pas vers les païens, et n'entrez pas dans les villes des Samaritains;
10:6 allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël.
10:7 Allez, prêchez, et dites: Le royaume des cieux est proche.
Après avoir appelé les douze apôtres et leur avoir donné son autorité, Jésus les envoie pour leur première mission. Sa première instruction peut sembler surprenante : « N’allez pas vers les païens, et n’entrez pas dans les villes des Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. » Jésus limite volontairement cette première mission au peuple d’Israël.
Cette instruction ne signifie pas que les autres peuples sont exclus du plan de Dieu. Tout au long des Évangiles, Jésus manifestera son intérêt pour les non-Juifs, et après sa résurrection il enverra ses disciples vers toutes les nations.
Mais dans l’ordre du plan de Dieu, Israël est le premier destinataire de cette annonce. Depuis des siècles, Dieu avait fait des promesses à son peuple et annoncé la venue du Messie. Il est donc naturel que Jésus commence par appeler Israël à reconnaître celui qui lui avait été promis.
L’expression « les brebis perdues de la maison d’Israël » rappelle l’image utilisée dans l’Ancien Testament pour décrire un peuple éloigné de Dieu et privé de véritables bergers spirituels. À la fin du chapitre précédent, Jésus avait déjà regardé les foules avec compassion parce qu’elles étaient
« comme des brebis qui n’ont point de berger ».
Les apôtres sont donc envoyés vers ces hommes et ces femmes afin de leur annoncer : « Le royaume des cieux est proche. » Leur mission consiste avant tout à préparer les cœurs et à appeler le peuple à accueillir son Roi.
Cette première étape prépare la mission beaucoup plus vaste qui viendra plus tard. Après sa résurrection, Jésus enverra ses disciples dans le monde entier. Mais avant que le message n’atteigne toutes les nations, il doit d’abord être proclamé aux brebis perdues d’Israël
10:8 Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.
Après avoir envoyé les douze apôtres vers les brebis perdues d’Israël, Jésus leur précise le contenu de leur mission : « Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. » Les apôtres sont appelés à poursuivre l’œuvre que Jésus accomplit lui-même depuis le début de son ministère. Les guérisons, les délivrances et les autres miracles ne sont pas une fin en soi ; ils sont des signes visibles de la présence du Royaume de Dieu au milieu des hommes.
Jésus ajoute ensuite : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » Les disciples n’ont pas acheté cette autorité et ne l’ont pas méritée par leurs propres efforts. Tout ce qu’ils ont reçu vient de la grâce de Dieu. C’est pourquoi ils ne doivent pas considérer leur mission comme un moyen de s’enrichir ou de tirer un avantage personnel des dons reçus. Ce que Dieu leur a confié doit être transmis avec la même générosité.
Ce principe révèle un aspect important du Royaume de Dieu : ses bénédictions ne sont pas des marchandises qui s’achètent ou se vendent. La grâce de Dieu est offerte gratuitement, et ceux qui la reçoivent sont appelés à la partager à leur tour.
Ce verset rappelle également que tout croyant reçoit de Dieu des bénédictions qu’il n’a pas méritées. L’amour, le pardon, la miséricorde et le salut sont des dons de grâce. Jésus invite donc ses disciples à refléter cette même générosité envers les autres, en servant sans rechercher leur propre intérêt.
10:9 Ne prenez ni or, ni argent, ni monnaie, dans vos ceintures;
10:10 ni sac pour le voyage, ni deux tuniques, ni souliers, ni bâton; car l'ouvrier mérite sa nourriture.
Jésus poursuit ses instructions à ses disciples en leur indiquant comment ils doivent partir en mission : « Ne prenez ni or, ni argent, ni monnaie dans vos ceintures ; ni sac pour le voyage, ni deux tuniques, ni souliers, ni bâton. » Ces consignes peuvent sembler strictes, mais elles ont un sens profond. Jésus veut que les disciples partent sans s’appuyer sur des sécurités humaines ou matérielles.
En renonçant à emporter de l’argent ou des provisions, ils sont appelés à apprendre une confiance totale en Dieu. Leur mission ne repose pas sur leurs ressources personnelles, mais sur la providence de Dieu qui pourvoira à leurs besoins. Cette dépendance les conduit également à une forme de simplicité et d’humilité. Ils ne doivent pas impressionner par des biens matériels, mais se présenter simplement comme des serviteurs envoyés pour annoncer le Royaume de Dieu.
Jésus ajoute : « Car l’ouvrier mérite sa nourriture. » Les disciples ne devront pas vivre dans l’indépendance totale, mais recevoir ce dont ils ont besoin de ceux qui accueilleront leur message. Leur mission spirituelle ouvre ainsi un échange : ils apportent la parole de Dieu, et en retour, ils reçoivent le nécessaire pour vivre.
À travers ces instructions, Jésus enseigne une leçon essentielle : dans l’œuvre de Dieu, la sécurité ne vient pas des possessions, mais de la confiance en celui qui envoie. Les disciples sont appelés à avancer sans garantie matérielle, en s’appuyant uniquement sur Dieu et sur l’accueil des personnes touchées par leur message.
10:11 Dans quelque ville ou village que vous entriez, informez-vous s'il s'y trouve quelque homme digne de vous recevoir; et demeurez chez lui jusqu'à ce que vous partiez.
10:12 En entrant dans la maison, saluez-la;
10:13 et, si la maison en est digne, que votre paix vienne sur elle; mais si elle n'en est pas digne, que votre paix retourne à vous.
10:14 Lorsqu'on ne vous recevra pas et qu'on n'écoutera pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la poussière de vos pieds.
10:15 Je vous le dis en vérité: au jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville-là.
Après avoir donné ses instructions sur la manière de voyager et de dépendre de la providence de Dieu, Jésus précise maintenant comment les disciples doivent agir lorsqu’ils entrent dans une maison ou une ville. Dans quelque ville ou village qu’ils entrent, ils doivent s’informer pour savoir qui est digne de les recevoir, et demeurer dans cette maison jusqu’à leur départ.
En entrant dans une maison, ils doivent lui souhaiter la paix. Cette “paix” n’est pas seulement une salutation, mais une bénédiction liée au message du Royaume de Dieu. Elle représente la présence de Dieu, sa faveur et le salut offert à ceux qui accueillent les disciples.
Jésus précise que si la maison est digne, cette paix repose sur elle. Mais si elle n’est pas digne, cette paix revient vers les disciples. La bénédiction n’est donc pas perdue : elle demeure avec ceux qui la portent lorsqu’elle est refusée.
Puis Jésus ajoute une instruction importante : « Lorsqu’on ne vous recevra pas et qu’on n’écoutera pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la poussière de vos pieds. » Ce geste symbolique montre que les disciples ne doivent pas s’attarder là où le message est rejeté. Ils doivent poursuivre leur mission sans être retenus par le refus.
Un jugement plus sévère que Sodome et Gomorrhe
Après avoir montré comment les disciples doivent réagir face à l’accueil ou au rejet, Jésus ajoute une parole très forte sur la responsabilité de ceux qui refusent le message : « Je vous le dis en vérité : au jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville-là. » Cette déclaration met en lumière un principe important : plus une personne reçoit la révélation de Dieu, plus elle devient responsable de la manière dont elle y répond.
Sodome et Gomorrhe sont connues dans les Écritures comme des exemples de péché et de jugement divin. Pourtant, Jésus affirme que les villes qui rejettent les disciples seront jugées plus sévèrement encore. Cela s’explique par le fait qu’elles refusent non seulement un message, mais une révélation directe du Royaume de Dieu accompagnée de l’autorité de Jésus transmise à ses envoyés.
10:16 Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes.
Les brebis symbolisent la vulnérabilité, l’innocence et la dépendance envers leur berger. Jésus avertit ses disciples que leur mission se déroulera dans un monde souvent hostile à leur message. Les loups représentent les dangers, l’opposition et les persécutions qu’ils rencontreront en annonçant le Royaume de Dieu. Cette image souligne le contraste entre les disciples, porteurs d’un message de paix et de vérité, et un monde qui pourra parfois rejeter leur témoignage.
Jésus ajoute : « Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. » La prudence du serpent évoque la sagesse, le discernement et la capacité d’éviter les pièges. Les disciples ne doivent pas être imprudents, mais agir avec réflexion et discernement.
La colombe, quant à elle, symbolise la pureté, la sincérité et la paix. Les disciples doivent conserver un cœur droit et des intentions pures, sans répondre au mal par le mal. Jésus les appelle ainsi à unir sagesse et intégrité : être suffisamment prudents pour faire face à l’opposition, tout en demeurant fidèles à l’esprit de paix et de vérité du Royaume de Dieu.
10:17 Mettez-vous en garde contre les hommes; car ils vous livreront aux tribunaux, et ils vous battront de verges dans leurs synagogues;
10:18 vous serez menés, à cause de moi, devant des gouverneurs et devant des rois, pour servir de témoignage à eux et aux païens.
Ce passage prédit une réalité difficile pour les disciples : leur fidélité à Jésus entraînerait une forte opposition et des persécutions de la part des autorités religieuses et civiles. Ils seraient traduits en justice, battus, et certains pourraient même être amenés devant des gouverneurs ou des rois.
Cependant, cette persécution est également un moyen pour eux de témoigner de leur foi, et d’annoncer l’Évangile non seulement aux autorités, mais aussi aux peuples païens. Cette promesse de persécution s’inscrit dans un cadre plus large de souffrance pour le nom de Jésus, mais aussi d’opportunité pour la vérité de se propager.
Jésus prépare ainsi ses disciples à la réalité de la mission chrétienne : il n’est pas facile de témoigner de l’Évangile, mais même dans les situations les plus adverses, Dieu est fidèle pour leur donner les paroles et la sagesse nécessaires, et leur témoignage peut avoir un impact qui dépasse leur propre souffrance.
10:19 Mais, quand on vous livrera, ne vous inquiétez ni de la manière dont vous parlerez ni de ce que vous direz: ce que vous aurez à dire vous sera donné à l'heure même;
10:20 car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous.
Après avoir annoncé les persécutions à venir, Jésus rassure ses disciples. Lorsqu’ils seront arrêtés et amenés devant les autorités, ils ne devront pas être préoccupés par la manière de se défendre ou par les paroles qu’ils devront prononcer. Jésus leur promet que Dieu lui-même leur viendra en aide au moment nécessaire : « Ce que vous aurez à dire vous sera donné à l’heure même. » Cette promesse ne signifie pas que les disciples n’ont rien à apprendre ou à préparer, mais qu’au cœur de l’épreuve, Dieu les assistera d’une manière particulière.
Jésus révèle alors que ce témoignage ne reposera pas uniquement sur leurs capacités humaines : « Ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. » L’Esprit de Dieu leur donnera la sagesse, le courage et les paroles adaptées aux circonstances. Ainsi, même lorsque les disciples seront confrontés à l’opposition ou aux menaces, ils ne seront jamais abandonnés à eux-mêmes.
À travers cette promesse, Jésus montre que l’œuvre du Royaume de Dieu ne dépend pas seulement des forces humaines. Ceux qu’il envoie peuvent avancer avec confiance, sachant que Dieu agit lui-même à travers eux et les accompagne jusque dans les moments les plus difficiles.
10:21 Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant; les enfants se soulèveront contre leurs parents, et les feront mourir.
10:22 Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom; mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé.
10:23 Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Je vous le dis en vérité, vous n'aurez pas achevé de parcourir les villes d'Israël que le Fils de l'homme sera venu.
Après avoir averti ses disciples des persécutions venant des autorités religieuses et civiles, Jésus annonce une opposition encore plus douloureuse, celle qui pourra surgir au sein même des familles.
« Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se soulèveront contre leurs parents. » La venue du Royaume de Dieu ne provoque pas seulement des réactions extérieures ; elle révèle également ce qui se trouve dans le cœur des hommes. Lorsque certains acceptent Jésus et que d’autres le rejettent, des divisions peuvent apparaître même entre les personnes les plus proches.
Jésus ajoute : « Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom. » Cette haine n’est pas dirigée contre les disciples pour eux-mêmes, mais parce qu’ils appartiennent à Jésus et portent son message. Depuis le début de son ministère, l’opposition grandit autour de lui, et ceux qui le suivent devront eux aussi faire face au rejet.
Cependant, Jésus donne une promesse : « Celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. » La persévérance consiste à demeurer fidèle malgré les difficultés, les pressions et les épreuves. Jésus n’appelle pas ses disciples à une foi passagère, mais à une fidélité qui demeure jusqu’au bout.
Il leur dit enfin : « Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. » Jésus ne leur demande pas de rechercher la souffrance inutilement. Lorsqu’une porte se ferme, ils peuvent poursuivre leur mission ailleurs. L’objectif reste toujours l’annonce du Royaume de Dieu.
À travers ces paroles, Jésus prépare ses disciples à une réalité difficile mais inévitable : suivre Christ peut parfois entraîner l’incompréhension, le rejet et même la division. Pourtant, ceux qui demeurent fidèles peuvent avancer avec confiance, sachant que Dieu accompagne ceux qui persévèrent dans sa voie.
10:24 Le disciple n'est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son seigneur.
10:25 Il suffit au disciple d'être traité comme son maître, et au serviteur comme son seigneur. S'ils ont appelé le maître de la maison Béelzébul, à combien plus forte raison appelleront-ils ainsi les gens de sa maison!
Après avoir annoncé les persécutions, les divisions et le rejet que rencontreront ses disciples, Jésus leur rappelle une vérité essentielle : « Le disciple n’est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son seigneur. » Les disciples ne doivent pas s’attendre à recevoir un traitement différent de celui que leur Maître a lui-même reçu. Depuis le début de son ministère, Jésus est contesté, critiqué et rejeté par certains. Ceux qui choisissent de le suivre seront donc confrontés aux mêmes oppositions.
Jésus ajoute : « S’ils ont appelé le maître de la maison Béelzébul, à combien plus forte raison appelleront-ils ainsi les gens de sa maison ! » En accusant Jésus d’agir par la puissance de Béelzébul, ses adversaires ont rejeté et déformé son œuvre. Si le Maître a été insulté et calomnié de cette manière, ses disciples ne doivent pas être surpris d’être eux aussi incompris ou accusés injustement.
À travers ces paroles, Jésus prépare ses disciples à accepter que la fidélité à Dieu puisse parfois entraîner l’opposition des hommes. Suivre Christ ne consiste pas seulement à recevoir ses enseignements, mais aussi à marcher sur le même chemin que lui, avec ses joies comme avec ses épreuves.
Ainsi, lorsque les disciples rencontrent le rejet ou la persécution, ils peuvent se souvenir qu’ils partagent le sort de leur Maître et qu’ils participent à son œuvre.
10:26 Ne les craignez donc point; car il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu.
10:27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en plein jour; et ce qui vous est dit à l'oreille, prêchez-le sur les toits.
Après avoir annoncé les persécutions que rencontreront ses disciples, Jésus les encourage à ne pas laisser la peur les réduire au silence. Même si son message est rejeté ou combattu, la vérité de Dieu finira toujours par être révélée. Rien de ce qui est caché ne restera définitivement secret, et tout sera manifesté au temps voulu par Dieu.
Jésus rappelle également que les enseignements qu’il transmet d’abord à ses disciples doivent ensuite être annoncés publiquement. Ce qu’ils ont reçu dans l’intimité de leur relation avec lui ne doit pas être gardé pour eux, mais proclamé ouvertement afin que tous puissent entendre la Bonne Nouvelle.
L’expression « prêchez-le sur les toits » évoque une annonce publique, visible et courageuse. Les disciples ne doivent pas cacher leur foi par crainte des hommes, mais témoigner avec fidélité de ce qu’ils ont appris auprès de Jésus. Leur responsabilité n’est pas de garantir que tous accepteront le message, mais de le transmettre avec vérité et confiance.
10:28 Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne.
10:29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou? Cependant, il n'en tombe pas un à terre sans la volonté de votre Père.
10:30 Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
10:31 Ne craignez donc point: vous valez plus que beaucoup de passereaux.
Après avoir encouragé ses disciples à annoncer la vérité sans crainte, Jésus leur rappelle que la véritable crainte ne doit pas être dirigée vers les hommes, mais vers Dieu. Les hommes peuvent faire souffrir ou même ôter la vie physique, mais leur pouvoir s’arrête là. Ils ne peuvent pas atteindre l’âme ni décider de la destinée éternelle d’une personne.
Jésus emploie volontairement deux expressions différentes : les hommes peuvent « tuer » le corps, tandis que Dieu seul peut « faire périr » l’âme et le corps dans la géhenne. Cette différence souligne que la mort physique est limitée et temporaire, alors que Dieu possède l’autorité suprême sur le jugement éternel. Il ne s’agit pas d’une invitation à vivre dans la peur de Dieu, mais à reconnaître sa souveraineté et à lui accorder la première place dans notre vie.
Jésus poursuit ensuite avec une image pleine de réconfort. Les passereaux étaient des oiseaux de très faible valeur marchande, pourtant aucun d’eux ne tombe à terre sans que le Père ne le sache. Si Dieu veille avec autant d’attention sur ces petites créatures, combien plus prend-il soin de ceux qui lui appartiennent.
Il ajoute même que les cheveux de notre tête sont tous comptés. Par cette image, Jésus montre que Dieu connaît parfaitement chacun de ses enfants. Rien n’échappe à son regard, pas même les détails qui nous paraissent les plus insignifiants.
C’est pourquoi Jésus conclut : « Ne craignez donc point : vous valez plus que beaucoup de passereaux. » Les disciples peuvent avancer avec confiance, même au milieu des épreuves, car leur vie est entre les mains d’un Père qui les connaît, les aime et veille sur eux en toutes circonstances.
10:32 C'est pourquoi, quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux;
10:33 mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux.
Après avoir encouragé ses disciples à ne pas craindre les hommes, Jésus les appelle maintenant à prendre clairement position pour lui.
Il déclare : « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux ; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux. » Confesser Jésus signifie le reconnaître ouvertement comme Seigneur et Sauveur, sans cacher sa foi par peur du rejet, de la moquerie ou de la persécution. Il ne s’agit pas seulement de prononcer des paroles, mais de vivre une fidélité visible envers Christ.
À l’inverse, renier Jésus consiste à le désavouer, à refuser de s’identifier à lui ou à compromettre sa foi pour éviter les difficultés. Jésus montre ainsi que notre attitude envers lui dans cette vie a une portée éternelle.
Ces paroles soulignent qu’il est impossible de demeurer neutre face à Christ. Chacun est appelé à faire un choix : le reconnaître et lui rester fidèle, ou le rejeter. Jésus promet que ceux qui l’auront confessé devant les hommes seront eux-mêmes reconnus par lui devant le Père, rappelant que la fidélité à Christ, même au prix de l’opposition, ne restera jamais sans récompense.
10:34 Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée.
10:35 Car je suis venu mettre la division entre l'homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère;
10:36 et l'homme aura pour ennemis les gens de sa maison.
Après avoir appelé ses disciples à le confesser publiquement, Jésus les avertit d’une conséquence parfois difficile de cette fidélité : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. » Cette parole peut surprendre, car Jésus est souvent appelé le Prince de la paix. Pourtant, il ne parle pas ici d’une guerre ou d’une violence physique. L’épée est une image qui symbolise le pouvoir de la vérité à révéler les cœurs et à provoquer un choix.
Lorsque l’Évangile est annoncé, chacun est amené à se positionner face à Jésus. Certains l’accueillent, d’autres le rejettent. Cette différence de réponse peut parfois créer des divisions jusque dans les familles, où tous ne partagent pas la même foi.
Jésus montre ainsi que le suivre peut avoir un coût. L’amour pour Dieu doit parfois passer avant l’approbation ou les attentes de ceux qui nous entourent. Cette division n’est pas le but de Jésus, mais la conséquence du choix que chacun fait devant la vérité.
L’épée représente donc la puissance de la Parole de Dieu, qui sépare le vrai du faux, révèle les intentions du cœur et appelle chaque personne à décider si elle veut suivre Christ. Si cette vérité peut parfois provoquer des conflits, elle conduit aussi ceux qui l’acceptent à la véritable paix : la paix avec Dieu.
10:37 Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi;
10:38 celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n'est pas digne de moi.
10:39 Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera.
Jésus affirme que l’amour pour lui doit passer avant toute autre relation, même les liens familiaux les plus précieux. Il ne demande pas de moins aimer sa famille, mais de placer Dieu à la première place. Lorsque l’obéissance à Christ entre en conflit avec les attentes humaines, le disciple est appelé à demeurer fidèle à Jésus avant tout.
Prendre sa croix pour suivre Jésus
Jésus poursuit en déclarant que celui qui ne prend pas sa croix ne peut être son disciple. À son époque, la croix était le symbole de la condamnation et de la mort. Prendre sa croix signifie accepter volontairement de renoncer à soi-même, de suivre la volonté de Dieu et de rester fidèle à Christ, même lorsque cela implique des sacrifices, des souffrances ou le rejet.
Perdre sa vie pour Christ afin de la retrouver
Jésus conclut par un paradoxe qui résume toute la vie chrétienne : celui qui cherche avant tout à préserver sa vie pour lui-même finit par la perdre, tandis que celui qui accepte de remettre sa vie entre les mains de Christ découvre la véritable vie. Ce renoncement n’est pas une perte définitive, mais le chemin qui conduit à une vie nouvelle avec Dieu dès maintenant, puis à la vie éternelle.
10:40 Celui qui vous reçoit me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé.
10:41 Celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète recevra une récompense de prophète, et celui qui reçoit un juste en qualité de juste recevra une récompense de juste.
10:42 Et quiconque donnera seulement un verre d'eau froide à l'un de ces petits parce qu'il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense.
Après avoir parlé du coût du discipulat, Jésus termine son discours par une parole pleine d’encouragement. Il montre que Dieu n’oublie jamais ceux qui soutiennent son œuvre, même par les gestes les plus simples. Il déclare d’abord : « Celui qui vous reçoit me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. » Les disciples ne viennent pas en leur propre nom. Les accueillir revient à accueillir Jésus lui-même, et accueillir Jésus, c’est accueillir le Père qui l’a envoyé. Jésus souligne ainsi le lien profond qui unit Dieu, le Fils et ceux qu’il envoie annoncer l’Évangile.
Il poursuit ensuite : « Celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète recevra une récompense de prophète, et celui qui reçoit un juste en qualité de juste recevra une récompense de juste.» Dieu ne récompense pas seulement ceux qui annoncent sa Parole ; il récompense aussi ceux qui soutiennent fidèlement ses serviteurs. Accueillir un prophète ou un juste avec foi, parce qu’il appartient à Dieu, c’est participer à son œuvre et partager la bénédiction attachée à son ministère.
Enfin, Jésus conclut par un exemple volontairement très simple : « Quiconque donnera seulement un verre d’eau froide à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple… il ne perdra point sa récompense. » Après avoir parlé de recevoir les apôtres, puis les prophètes et les justes, Jésus descend jusqu’au plus petit geste imaginable : offrir un simple verre d’eau. Il montre ainsi qu’aux yeux de Dieu, aucune preuve d’amour accomplie par fidélité à Christ n’est insignifiante. Ce n’est pas la grandeur de l’acte qui compte, mais le cœur avec lequel il est accompli.
À travers ce discours, Jésus ne se contente pas d’envoyer les douze apôtres en mission. Il les forme à ce que signifie réellement être ses disciples. Il leur enseigne à annoncer le Royaume de Dieu, à dépendre de la providence du Père, à faire preuve de courage face à l’opposition, à placer Christ au-dessus de tout attachement terrestre et à persévérer jusqu’à la fin.
Ce chapitre révèle que suivre Jésus est à la fois un privilège et un engagement. Le disciple est appelé à servir avec fidélité, même lorsque cela entraîne le rejet ou la souffrance, en ayant l’assurance que Dieu voit chacune de ses œuvres et qu’aucun acte accompli pour lui n’est oublié.
Après avoir préparé et envoyé ses disciples, Jésus poursuit maintenant son ministère. Le chapitre suivant montrera que, malgré les miracles accomplis et les enseignements donnés, de nombreuses interrogations demeurent. Même Jean-Baptiste, depuis sa prison, enverra des disciples demander à Jésus s’il est bien le Messie attendu. Jésus répondra alors par ses œuvres et révélera davantage encore son identité.