Dans le chapitre 11, Jésus a dénoncé une religion sans fruit et a enseigné ce qu’est une foi véritable, fondée sur la prière et le pardon. Cette révélation a conduit à une confrontation directe avec les autorités religieuses.
Au chapitre 12, Jésus poursuit son enseignement dans le Temple. Par la parabole des vignerons, puis à travers les questions sur le tribut à César, la résurrection et le plus grand commandement, il dévoile le cœur de Dieu et met en lumière l’opposition entre une foi d’apparence et une foi authentique. Face aux pièges des chefs religieux, Jésus révèle ce que Dieu attend vraiment : un amour total pour Dieu et pour le prochain, vécu dans l’humilité et la vérité.
12:1 Jésus se mit ensuite à leur parler en paraboles. Un homme planta une vigne. Il l'entoura d'une haie, creusa un pressoir, et bâtit une tour; puis il l'afferma à des vignerons, et quitta le pays.
12:2 Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour recevoir d'eux une part du produit de la vigne.
12:3 S'étant saisis de lui, ils le battirent, et le renvoyèrent à vide.
12:4 Il envoya de nouveau vers eux un autre serviteur; ils le frappèrent à la tête, et l'outragèrent.
12:5 Il en envoya un troisième, qu'ils tuèrent; puis plusieurs autres, qu'ils battirent ou tuèrent.
12:6 Il avait encore un fils bien-aimé; il l'envoya vers eux le dernier, en disant: Ils auront du respect pour mon fils.
12:7 Mais ces vignerons dirent entre eux: Voici l'héritier; venez, tuons-le, et l'héritage sera à nous.
12:8 Et ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne.
12:9 Maintenant, que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons, et il donnera la vigne à d'autres.
Dans cette parabole, Jésus parle encore une fois en image, mais son message est clair.
Le maître de la vigne représente Dieu, la vigne représente le peuple d’Israël, et les vignerons représentent les responsables religieux à qui Dieu avait confié son peuple.
Les serviteurs envoyés par le maître symbolisent les prophètes. Tout au long de l’histoire d’Israël, Dieu a envoyé des hommes pour appeler le peuple à revenir à Lui, à vivre dans la justice et la fidélité. Mais ces messagers ont souvent été rejetés, maltraités, et parfois tués.
Par exemple, Zacharie a été lapidé dans le Temple même. Jérémie a été battu, emprisonné et jeté dans une citerne. Selon la tradition, Ésaïe a été mis à mort pour avoir annoncé la vérité de Dieu. Même Jean-Baptiste, le dernier des prophètes, a été exécuté après avoir dénoncé le péché.
Jésus montre ainsi que le rejet des serviteurs n’est pas un accident, mais un schéma répété : Dieu parle, mais les hommes refusent d’écouter.
Enfin, le maître envoie son fils bien-aimé. Ce fils représente Jésus lui-même. Contrairement aux serviteurs, il est l’héritier. En le tuant, les vignerons révèlent jusqu’où peut aller le refus de Dieu : non seulement rejeter ses messagers, mais rejeter son propre Fils.
Par cette parabole, Jésus annonce à l’avance ce qui va lui arriver. Il montre que, comme les prophètes avant lui, il sera rejeté et mis à mort. Mais il annonce aussi que Dieu aura le dernier mot : la vigne ne sera pas détruite, elle sera confiée à d’autres.
Ainsi, Jésus révèle à la fois le cœur endurci des responsables religieux et le plan de Dieu qui continue, malgré le rejet, jusqu’au don de son Fils.
La parabole des vignerons detaillée verset par verset
12:1
« Un homme planta une vigne. Il l’entoura d’une haie, creusa un pressoir et bâtit une tour. Puis il l’afferma à des vignerons et partit en voyage. »
Les symboles :
Le maître de la vigne : Dieu
La vigne : le peuple d’Israël (écho direct à Ésaïe 5)
La haie, le pressoir, la tour : tout ce que Dieu a donné la Loi, les commandements, la protection, le culte, les prophètes
Les vignerons : les responsables religieux (prêtres, scribes, chefs)
Dieu a tout préparé. Rien ne manque. Il confie ensuite la vigne à des hommes et leur fait confiance.
12:2
« Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons pour recevoir sa part du fruit. »
Dieu attend du fruit : justice, fidélité, foi.
Le serviteur représente un prophète envoyé par Dieu.
12:3-5
Les vignerons battent le serviteur, puis en frappent un autre, en tuent un troisième.
Et cela se répète. C’est toute l’histoire d’Israël :
Dieu envoie des prophètes,
mais ils sont rejetés, persécutés, parfois tués.
Dieu insiste, encore et encore. La patience de Dieu est immense.
12:6
« Il avait encore un fils bien-aimé. Il l’envoya le dernier, en disant : Ils auront du respect pour mon fils. »
Ici, Jésus parle clairement de lui-même. Le fils n’est pas un simple messager : il est l’héritier. Dieu n’a plus rien de plus grand à envoyer que son Fils.
12:7-8
Les vignerons disent : « Voici l’héritier. Tuons-le, et l’héritage sera à nous. »
Ils comprennent qui il est.
Mais ils ne veulent pas se soumettre.
Ils veulent garder le pouvoir, le contrôle, la religion… sans Dieu.
Ils tuent le fils et le jettent hors de la vigne. Allusion directe à Jésus, rejeté et crucifié hors de Jérusalem.
12:9
« Que fera le maître de la vigne ?
Il fera périr les vignerons et donnera la vigne à d’autres. »
Le message est clair :
Le jugement vient sur ceux qui refusent Dieu.
La vigne ne disparaît pas, mais elle est confiée à d’autres.
Le Royaume de Dieu sera donné à ceux qui porteront du fruit. Marc insiste sur la responsabilité : les chefs savaient, ils ont compris, mais ils ont choisi de refuser.
12:10 N'avez-vous pas lu cette parole de l'Écriture: La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l’angle
Jésus cite ici le Psaume 118. Ce n’est pas une parabole inventée sur le moment : c’est une image biblique déjà connue, qu’il applique directement à lui-même. Par cette parole, il révèle son identité et la manière dont Dieu agit dans l’histoire, et il prépare la confrontation avec ceux qui refusent de le reconnaître.
« ceux qui bâtissaient » désigne les bâtisseurs :
les chefs religieux,
les prêtres,
les scribes,
ceux qui avaient la responsabilité de construire spirituellement le peuple.
Ce sont des experts, des connaisseurs de la Loi et des Écritures. Et pourtant, ils rejettent la pierre essentielle. Cette pierre, c’est Jésus. Ils l’examinent, le jugent, et concluent : « Il ne convient pas. »
Pourquoi ?
Il ne correspond pas à leurs attentes.
Il dérange leur pouvoir.
Il dévoile leur hypocrisie.
Il appelle à la repentance plutôt qu’au contrôle.
Ils pensent bâtir la maison de Dieu… sans Dieu. Cette image révèle la dangerosité de la religiosité sans Dieu : on peut maîtriser les rites, les institutions et les apparences, mais si le cœur est fermé, on rejette la vérité, même quand elle est juste sous nos yeux.
La pierre principale de l’angle
Dans l’architecture antique, la pierre d’angle avait un rôle crucial :
elle donnait l’alignement du bâtiment,
elle unissait deux murs,
elle assurait la solidité de l’ensemble,
tout le reste dépendait d’elle.
Sans cette pierre :
le bâtiment est instable,
les murs ne tiennent pas droit,
tout finit par s’effondrer.
Jésus dit donc : celui que vous avez rejeté est en réalité le fondement même de l’œuvre de Dieu. Cette image architecturale montre que Dieu construit toujours sur le fondement qu’Il a choisi. Même si les hommes le rejettent, rien ni personne ne peut empêcher l’accomplissement du plan divin.
Le retournement divin
Le verset révèle un renversement total :
les hommes rejettent,
Dieu choisit,
les hommes disqualifient,
Dieu établit.
Ce que les chefs religieux ont voulu éliminer, Dieu l’élève. Ils pensaient écarter Jésus, mais ils participent malgré eux à l’accomplissement du plan divin. Le rejet des hommes devient l’élément qui permet à Dieu de manifester sa gloire.
Lien avec la parabole des vignerons
ils ont rejeté les serviteurs (les prophètes),
ils ont rejeté le Fils,
maintenant ils rejettent la pierre centrale.
Le rejet est total.
Mais Dieu continue :
la vigne est confiée à d’autres,
la pierre rejetée devient le fondement,
le Royaume avance.
Cette cohérence montre que le plan de Dieu n’est jamais interrompu par l’opposition humaine. Le rejet des hommes ne peut jamais arrêter l’œuvre de Dieu ; il ne fait que la révéler.
12:11 C'est par la volonté du Seigneur qu'elle l'est devenue, Et c'est un prodige à nos yeux?
La « pierre » dont il est question est Jésus lui-même, rejeté par les chefs religieux. Mais ce rejet n’empêche pas l’œuvre de Dieu. Au contraire : c’est par la volonté du Seigneur que cette pierre devient la pierre principale de l’angle, le fondement du Royaume.
Cette parole affirme une vérité essentielle : tout dépend de Dieu, et non des hommes. Même les refus, les oppositions et les injustices humaines sont intégrés par Dieu à son plan souverain et transformés en victoire.
Jésus ne devient pas central par hasard, ni à la suite d’un échec. Il est le fondement de l’œuvre de Dieu parce que Dieu l’a voulu ainsi, dès le commencement. Ce renversement, incompréhensible aux yeux des hommes, est pourtant l’expression parfaite de la sagesse et de la puissance de Dieu.
12:12 Ils cherchaient à se saisir de lui, mais ils craignaient la foule. Ils avaient compris que c'était pour eux que Jésus avait dit cette parabole. Et ils le quittèrent, et s'en allèrent.
Ce verset marque un moment clé, les chefs religieux ont compris, et cette compréhension déclenche le rejet. Ils ne sont pas confus. Ils ne se demandent pas si Jésus parle d’eux. Ils savent que c’est d’eux qu’il s’agit.
Dans la parabole des vignerons, ils se reconnaissent sans ambiguïté :
ils sont les vignerons infidèles, ceux qui ont rejeté les prophètes, ceux qui vont rejeter et faire mourir le Fils, ceux à qui la vigne sera retirée. Jésus ne les accuse pas de manière indirecte ou voilée : il les dévoile publiquement.
Mais Jésus ne fait pas qu’exposer leur responsabilité. En citant l’Écriture « la pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient » il affirme aussi son identité. Il se présente comme la pierre rejetée, choisie par Dieu pour être le fondement. Ce qu’il dit est radical : rejeter Jésus, c’est rejeter Dieu lui-même.
Pour les chefs religieux, cette parole est insupportable. Soit Jésus blasphème, soit il dit vrai et alors leur autorité s’effondre. Il n’y a pas de troisième voie. C’est pourquoi ils cherchent à se saisir de lui. Non par souci de vérité, mais parce que leur pouvoir est menacé. Jésus enseigne sans dépendre d’eux, il attire la foule, il révèle leur hypocrisie et annonce que le Royaume de Dieu leur sera retiré pour être confié à d’autres. Leur réaction ne vient pas d’une erreur théologique, mais d’une peur plus profonde : perdre le contrôle.
Ils veulent garder la religion, mais sans Dieu. Ils veulent les structures, l’autorité et les apparences, sans se soumettre à celui qui en est le fondement. Pourtant, ils n’agissent pas encore. Ils craignent la foule, car le peuple reconnaît en Jésus une autorité qui vient de Dieu.
Alors ils s’en vont. Ce départ n’est pas neutre : il marque un refus conscient. Le dialogue est rompu. Ils ont compris, mais ils ont choisi de ne pas se repentir.
Marc 12:12 révèle ainsi une vérité redoutable : le plus grand endurcissement n’est pas de ne pas comprendre la parole de Dieu, mais de la comprendre pleinement… et de la refuser.
À partir de ce moment, la pierre est identifiée, le rejet est assumé, et la confrontation devient inévitable. Le plan de Dieu, lui, continue même à travers le refus des hommes.
12:13 Ils envoyèrent auprès de Jésus quelques-uns des pharisiens et des hérodiens, afin de le surprendre par ses propres paroles.
12:14 Et ils vinrent lui dire: Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu ne t'inquiètes de personne; car tu ne regardes pas à l'apparence des hommes, et tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité. Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César? Devons-nous payer, ou ne pas payer?
12:15 Jésus, connaissant leur hypocrisie, leur répondit: Pourquoi me tentez-vous? Apportez-moi un denier, afin que je le voie.
12:16 Ils en apportèrent un; et Jésus leur demanda: De qui sont cette effigie et cette inscription? De César, lui répondirent-ils.
12:17 Alors il leur dit: Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Et ils furent à son égard dans l'étonnement.
Pourquoi les Pharisiens et les Hérodiens s’unissent ?
Pharisiens : religieux très attachés à la Loi, souvent opposés à Rome et aux pratiques païennes.
Hérodiens : partisans du roi Hérode, alliés de Rome, favorables au paiement des impôts.
Normalement, ces deux groupes étaient ennemis. Mais ici, ils s’unissent pour piéger Jésus : ils veulent le faire tomber dans un dilemme impossible : Si Jésus dit « payez », il décevrait les Pharisiens et le peuple anti-romain. Si Jésus dit « ne payez pas », il violerait la loi romaine et pourrait être dénoncé comme rebelle.
C’est un piège politique et religieux, avec deux fronts à gérer à la fois.
Le piège du tribut à César
Les impôts étaient une question sensible : Pour le peuple juif, payer Rome pouvait sembler trahir Dieu, car l’argent allait à un empereur païen. Pour les Hérodiens, ne pas payer était une rébellion contre l’ordre établi.
Jésus, connaissant leur hypocrisie, ne tombe pas dans le piège. Il les confronte à leur propre cœur, pas seulement à leur question :
« Pourquoi me tentez-vous ? »
Jésus demande d’abord de voir le denier, la pièce d’argent. La pièce porte l’effigie et l’inscription de César : tout ce qui appartient à César porte son image. Jésus prononce alors la phrase célèbre : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Pourquoi c’est génial et imparables pour eux :
Il reconnaît l’autorité légitime de César sans trahir Dieu.
Il réaffirme la suprématie de Dieu : tout ce qui appartient à Dieu (la vie, le cœur, la foi, l’adoration) doit lui être rendu.
Il évite le piège politique et religieux : il ne tombe pas dans le conflit, mais révèle la priorité ultime.
Les Pharisiens et Hérodiens sont étonnés car il réussit à rester vrai à Dieu tout en parlant avec sagesse face aux hommes. Ils ne peuvent rien reprocher : Jésus est inattaquable ici.
12:18 Les sadducéens, qui disent qu'il n'y a point de résurrection, vinrent auprès de Jésus, et lui firent cette question:
12:19 Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit: Si le frère de quelqu'un meurt, et laisse une femme, sans avoir d'enfants, son frère épousera sa veuve, et suscitera une postérité à son frère.
12:20 Or, il y avait sept frères. Le premier se maria, et mourut sans laisser de postérité.
12:21 Le second prit la veuve pour femme, et mourut sans laisser de postérité. Il en fut de même du troisième,
12:22 et aucun des sept ne laissa de postérité. Après eux tous, la femme mourut aussi.
12:23 A la résurrection, duquel d'entre eux sera-t-elle la femme? Car les sept l'ont eue pour femme.
12:24 Jésus leur répondit: N'êtes-vous pas dans l'erreur, parce que vous ne comprenez ni les Écritures, ni la puissance de Dieu?
12:25 Car, à la résurrection des morts, les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges dans les cieux.
12:26 Pour ce qui est de la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu, dans le livre de Moïse, ce que Dieu lui dit, à propos du buisson: Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob?
12:27 Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants. Vous êtes grandement dans l'erreur.
Après avoir déjoué le piège des Pharisiens et des Hérodiens sur le tribut à César, Jésus fait face à un autre groupe religieux : les Sadducéens. Ces derniers avaient une position particulière et une vision très limitée de la Loi, ce qui va révéler à nouveau la profondeur de l’enseignement de Jésus.
Les Sadducéens étaient un groupe religieux juif très influent, composé surtout de prêtres et d’élites du Temple. Contrairement aux Pharisiens, ils reconnaissaient uniquement la Loi de Moïse (le Pentateuque) et rejetaient les traditions orales et de nombreuses croyances populaires.
Ils ne croyaient pas à la résurrection, aux anges ou aux esprits, et leur pouvoir était surtout politique et cultuel, souvent allié avec les Romains pour maintenir leur position. Ainsi, contrairement aux Pharisiens qui croyaient à la résurrection mais tenaient à la Loi, les Sadducéens pensaient pouvoir piéger Jésus sur un point où leur logique humaine semblait triompher.
Pour tester Jésus, les Sadducéens lui posent une question basée sur la loi du Deutéronome : si un homme meurt sans enfant, son frère doit épouser la veuve pour assurer une postérité. Dans leur exemple, une femme épouse sept frères successifs, tous morts sans enfant.
Ils demandent alors :
« À la résurrection, duquel d’entre eux sera-t-elle la femme ? »
Leur intention est de montrer que l’idée de résurrection est logiquement impossible selon la Loi de Moïse.
Jésus répond en soulignant deux points essentiels :
Les Écritures : les Sadducéens connaissent la Loi, mais l’interprètent de manière limitée et humaine. Ils ne voient pas le plan divin derrière.
La puissance de Dieu : ils sous-estiment ce que Dieu peut faire ; ils raisonnent selon la logique humaine et non selon la réalité divine.
Jésus leur montre que leur raisonnement est trop étroit pour comprendre la résurrection, qui dépasse toute logique humaine.
Jésus explique que, dans le Royaume de Dieu :
Les relations matrimoniales ne sont plus nécessaires. La finalité n’est plus la reproduction, mais la communion avec Dieu.
« Comme les anges » signifie une vie transformée, spirituelle, libérée des besoins et structures terrestres.
La logique humaine, qui raisonne en termes de mari/femme et héritage, ne s’applique plus à la vie éternelle.
La résurrection transforme la condition humaine en une réalité nouvelle, centrée sur Dieu.
Jésus cite l’Ancien Testament : « Je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob »
Pour confirmer la résurrection, Jésus cite Dieu lui-même :
Il utilise le présent « Je suis », et non le passé « j’étais », montrant que Dieu considère Abraham, Isaac et Jacob comme vivants, même après leur mort physique.
La résurrection n’est donc pas une idée nouvelle : elle est implicite dans l’Alliance avec Dieu et sa fidélité envers son peuple.
Jésus corrige les Sadducéens :
Leur raisonnement humain les empêche de comprendre ce que Dieu a préparé.
La résurrection est réelle et témoigne de la puissance divine, qui dépasse la logique humaine.
La vie avec Dieu transcende toutes les catégories terrestres, révélant un monde nouveau où tout est centré sur Lui.
Jésus montre à nouveau que la foi authentique dépasse la simple compréhension humaine ou la logique limitée : il ouvre le regard vers la puissance et le plan de Dieu.
12:28 Un des scribes, qui les avait entendus discuter, sachant que Jésus avait bien répondu aux sadducéens, s'approcha, et lui demanda: Quel est le premier de tous les commandements?
12:29 Jésus répondit: Voici le premier: Écoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l'unique Seigneur;
12:30 et: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force.
12:31 Voici le second: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas d'autre commandement plus grand que ceux-là.
12:32 Le scribe lui dit: Bien, maître; tu as dit avec vérité que Dieu est unique, et qu'il n'y en a point d'autre que lui,
12:33 et que l'aimer de tout son coeur, de toute sa pensée, de toute son âme et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, c'est plus que tous les holocaustes et tous les sacrifices.
12:34 Jésus, voyant qu'il avait répondu avec intelligence, lui dit: Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. Et personne n'osa plus lui proposer des questions.
Après les confrontations avec les Pharisiens, les Hérodiens et les Sadducéens, Jésus se retrouve face à un scribe. Contrairement aux groupes précédents, ce scribe n’est pas venu pour piéger Jésus. Il a écouté les discussions et a vu comment Jésus a répondu avec sagesse aux Sadducéens.
Qui sont les scribes ?
Les scribes étaient des spécialistes de la Loi, des experts des Écritures et des traditions.
Leur rôle était d’enseigner, d’interpréter la Loi et de guider le peuple dans la pratique religieuse.
Certains scribes étaient critiques ou conflictuels avec Jésus, mais d’autres cherchaient la vérité et la sagesse.
Ici, le scribe représente ceux qui, même dans le cadre religieux strict, sont ouverts à reconnaître la vérité quand ils la voient.
La question du scribe : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
Le scribe demande à Jésus de résumer l’essence de la Loi.
C’est une question clé : après toutes les disputes sur les prophètes, le Temple, les impôts et la résurrection, quel est le fondement de la vie avec Dieu ?
Jésus répond en deux commandements centraux :
Aimer Dieu de tout son cœur, toute son âme, toute sa pensée et toute sa force. Cela dépasse toute observance extérieure : c’est une relation intérieure et totale avec Dieu. Dieu doit être la priorité absolue, plus que tout rite ou sacrifice. Aimer son prochain comme soi-même.
L’amour pour les autres est indissociable de l’amour pour Dieu. Jésus montre que la véritable foi ne se limite pas à des pratiques religieuses, mais se manifeste dans les relations humaines.
Jésus relie ici le vertical (Dieu) et l’horizontal (prochain) : toute vie spirituelle authentique doit équilibrer les deux.
La réaction du scribe
Le scribe reconnaît la vérité : il comprend que l’amour pour Dieu et pour le prochain vaut plus que tous les holocaustes et sacrifices.
Il mesure la profondeur de l’enseignement de Jésus : la Loi n’est pas seulement un ensemble de règles, mais un chemin de vie fondé sur l’amour.
« Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu »
Jésus ne dit pas « tu es déjà dans le Royaume », mais « tu n’es pas loin ». Pourquoi ? Parce que le scribe a compris la vérité intellectuellement, mais il reste un pas à faire pour mettre pleinement sa vie et son cœur dans cet amour. Le Royaume de Dieu n’est pas seulement une compréhension de la Loi, c’est une transformation du cœur et de l’action.
Jésus souligne que l’amour pour Dieu et pour le prochain est le critère central. Tout le reste rites, sacrifices, traditions est secondaire et prend sens seulement si ce cœur est aligné sur Dieu.
Jésus montre que la Loi se résume à l’amour total : Dieu en premier, le prochain ensuite.
Même un expert religieux, comme ce scribe, doit encore faire le choix de vivre cet amour, pas seulement de le comprendre.
L’enseignement de Jésus dépasse les règles et rites : il appelle à un engagement personnel et profond, qui touche à la vie entière.
Comprendre l’amour est un pas, le vivre pleinement est le Royaume. Celui qui aime Dieu et son prochain est au seuil du Royaume, même s’il reste un chemin à parcourir pour l’incarner totalement.
Marc organise ces rencontres pour montrer que Jésus répond à toutes les dimensions de la vie humaine et religieuse le politique, le théologique, le moral et que dans chaque domaine, la vraie fidélité dépend d’une relation avec Dieu et d’un cœur ouvert, pas seulement de règles, de rites ou de calculs humains.
12:35 Jésus, continuant à enseigner dans le temple, dit: Comment les scribes disent-ils que le Christ est fils de David?
12:36 David lui-même, animé par l'Esprit Saint, a dit: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied.
12:37 David lui-même l'appelle Seigneur; comment donc est-il son fils? Et une grande foule l'écoutait avec plaisir.
En enseignant dans le Temple, Jésus ne cherche plus à répondre aux pièges des religieux. Il s’adresse à la foule et l’aide à comprendre qui est vraiment le Messie. Il pose une question simple, mais essentielle :
« Comment les scribes disent-ils que le Christ est fils de David ? »
Cette affirmation est vraie. Le Messie est bien issu de la lignée de David. Il est pleinement humain, né dans l’histoire, descendant d’un roi réel. Jésus ne conteste pas cela. Mais il montre que cette définition est insuffisante.
Pour aller plus loin, Jésus cite David lui-même. David n’était pas seulement un roi d’Israël : c’était un homme qui suivait Dieu, qui vivait en relation avec Lui, et qui parlait animé par l’Esprit de Dieu. David a vécu environ mille ans avant Jésus. Lorsqu’il parle dans les psaumes, il ne parle pas seulement de lui-même, mais il annonce aussi ce que Dieu révèle à l’avance.
David dit :
"Le Seigneur a dit à mon Seigneur Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. »
En disant cela, David appelle le Messie « mon Seigneur ». C’est surprenant, car David est le roi et l’ancêtre du Messie. Dans la culture biblique, un père ou un ancêtre n’appelle jamais son descendant « Seigneur ». Par cette parole inspirée, David annonce une prophétie : le Messie sera bien son descendant, mais il sera aussi au-dessus de lui.
C’est pourquoi Jésus pose la question :
« David lui-même l’appelle Seigneur ; comment donc est-il son fils ? »
Jésus ne donne pas de réponse directe, car elle est évidente. Le Messie ne peut pas être seulement un homme. Il est fils de David selon la chair, mais Seigneur selon sa nature et son autorité.
Quand Dieu dit : « Assieds-toi à ma droite », cela signifie que le Messie partage le règne et l’autorité de Dieu. Aucun homme ordinaire ne reçoit une telle place. Et lorsque Dieu promet de mettre ses ennemis sous ses pieds, il annonce un règne total, établi par la puissance divine, et non par la force humaine.
Ainsi, Jésus révèle simplement mais profondément : le Christ est vraiment homme, enraciné dans l’histoire de David, et en même temps plus qu’un homme, Seigneur exalté, participant à l’autorité de Dieu.
La foule l’écoute avec plaisir, car Jésus n’annule pas les Écritures : il les éclaire et les accomplit. Là où les scribes s’arrêtaient à un Messie seulement terrestre, Jésus révèle un Messie vivant, proche des hommes, et pourtant élevé auprès de Dieu.
12:38 Il leur disait dans son enseignement: Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques;
12:39 qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins;
12:40 qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l'apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement.
Juste avant, Jésus a montré que les scribes connaissent les Écritures, mais ne vont pas jusqu’à leur vérité. Ils savent parler du Messie, citer David, expliquer la Loi…mais ils ne reconnaissent pas le Seigneur quand il est devant eux.
Alors Jésus fait une chose très forte : il ne critique pas leur savoir, il dénonce leur manière de vivre la religion. Il dit de se méfier d’eux parce qu’ils aiment se montrer. Les robes longues qu’ils portent ne sont pas seulement des vêtements religieux : elles servent à être vus, reconnus, admirés. Ils veulent que tout le monde sache qui ils sont. Être salués sur les places publiques leur donne de l’importance et les place au-dessus des autres.
Ils recherchent aussi les premières places, aussi bien dans les synagogues que dans les repas. Ce sont des places d’honneur, visibles, qui donnent du prestige. Leur relation à Dieu devient une manière d’obtenir du respect et une position élevée, plutôt qu’un service humble.
Jésus va encore plus loin lorsqu’il dit qu’ils « dévorent les maisons des veuves ». Les veuves étaient parmi les plus faibles et les plus pauvres. Elles faisaient confiance aux responsables religieux pour être aidées et protégées. Mais au lieu de les soutenir, certains scribes profitaient d’elles, les appauvrissaient et utilisaient la religion pour leur prendre ce qu’elles avaient. C’est pour cela que Jésus parle de dévorer : il s’agit d’une exploitation, pas d’une simple négligence.
Ils font aussi de longues prières, mais seulement pour l’apparence. Leurs paroles sont nombreuses, mais leur cœur n’est pas engagé. La prière devient un moyen de se faire remarquer, et non une relation sincère avec Dieu.
Jésus conclut en disant qu’ils seront jugés plus sévèrement. Ce jugement est plus dur parce qu’ils avaient une grande responsabilité. Ils étaient des autorités religieuses, chargées de montrer le chemin et de protéger les plus faibles. Au lieu de donner l’exemple, ils ont utilisé leur position pour eux-mêmes.
Par cet enseignement, Jésus montre la différence entre une religion extérieure, faite pour être vue, et une foi vraie, vécue dans l’humilité et la sincérité devant Dieu.
12:41 Jésus, s'étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l'argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup.
12:42 Il vint aussi une pauvre veuve, elle y mit deux petites pièces, faisant un quart de sou.
12:43 Alors Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit: Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu'aucun de ceux qui ont mis dans le tronc;
12:44 car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre.
Après avoir dénoncé les scribes et leur manière de vivre la religion, Jésus termine le chapitre 12 par une scène très simple. Il s’assoit en face du tronc du Temple et observe la foule. Il ne parle pas, il regarde. Jésus ne s’intéresse pas d’abord à la somme donnée, mais à la manière de donner.
Beaucoup de riches mettent de grosses sommes. Leur don est visible, important, impressionnant. Jésus ne les critique pas, mais il ne s’arrête pas non plus sur eux. Leur offrande vient de leur abondance. Ils donnent sans que cela ne change réellement leur vie
.
Puis une pauvre veuve arrive. Elle met deux petites pièces, une somme presque insignifiante aux yeux des hommes. Pourtant, ces deux pièces représentent tout ce qu’elle possède. Ce n’est pas un surplus, c’est son nécessaire, ce qui lui permet de vivre.
Alors Jésus appelle ses disciples. Ce qu’il va dire est essentiel. Il affirme que cette veuve a donné plus que tous les autres. Non pas parce que la somme est plus grande, mais parce que le don est total. Les riches ont donné de leur superflu, sans se priver. La veuve, elle, a donné de son nécessaire. En donnant, elle remet toute sa sécurité entre les mains de Dieu.
Cette scène répond directement à ce que Jésus vient de dénoncer chez les scribes. Eux prennent, elle donne. Eux recherchent l’honneur, elle est invisible. Eux utilisent la religion pour leur avantage, elle vit une foi simple et vraie. Jésus montre ainsi que Dieu ne regarde pas l’apparence, ni la quantité, mais le cœur et la confiance.
En terminant ce chapitre par l’exemple de la veuve, Jésus révèle ce qu’est une foi authentique : non pas une religion faite pour être vue, mais une relation vécue dans l’abandon et la confiance totale en Dieu.