7:1 Les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, s'assemblèrent auprès de Jésus.
7:2 Ils virent quelques-uns de ses disciples prendre leurs repas avec des mains impures, c'est-à-dire, non lavées.
7:3 Or, les pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas sans s'être lavé soigneusement les mains, conformément à la tradition des anciens;
7:4 et, quand ils reviennent de la place publique, ils ne mangent qu'après s'être purifiés. Ils ont encore beaucoup d'autres observances traditionnelles, comme le lavage des coupes, des cruches et des vases d'airain.
7:5 Et les pharisiens et les scribes lui demandèrent: Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens, mais prennent-ils leurs repas avec des mains impures?
Après avoir accompli de nombreux miracles au chapitre 6 nourrir les cinq mille, marcher sur l’eau, guérir les malades dans toute la région de Génésareth Jésus devient de plus en plus connu parmi le peuple. Les foules viennent à Lui pour être guéries, et Son autorité se manifeste partout où Il passe.
Mais pendant que les gens s’approchent de Jésus avec foi, les pharisiens et les scribes, eux, s’approchent avec suspicion. Au début du chapitre 7, ils viennent depuis Jérusalem pour observer Jésus et chercher une occasion de l’accuser. C’est dans ce contexte que va commencer l’échange sur les traditions humaines, opposées à la Parole de Dieu.
Les pharisiens avaient construit, au fil des siècles, un ensemble de traditions religieuses humaines appelées “tradition des anciens”. Ces pratiques n’étaient pas dans la Loi de Moïse, mais ajoutées par les rabbins.
C’est exactement ce que Jésus va dénoncer.
7:1 Les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, s’assemblèrent auprès de Jésus.
ls viennent spécialement pour observer, analyser, et piéger Jésus.
Ils cherchent une faute religieuse pour pouvoir l’accuser.
7:2 Ils virent quelques-uns de ses disciples prendre leurs repas avec des mains impures, c’est-à-dire, non lavées.
Ce n’est pas juste “mains sales” hygiéniquement. C’est un lavage rituel religieux, obligatoire selon la tradition pharisienne, pas selon la Loi de Moïse. Donc pour les pharisiens, les disciples sont “impurs” religieusement.
7:3 Or, les pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas sans s’être lavé soigneusement les mains, conformément à la tradition des anciens ;
Les pharisiens avaient multiplié ces règles supplémentaires, pensant qu’elles aideraient à rester purs. Cependant, ils en étaient arrivés à considérer ces traditions humaines comme si elles venaient directement de Dieu, ils mettaient plus d’importance sur leurs règles inventées que sur le cœur même de la Parole de Dieu.
7:4 et, quand ils reviennent de la place publique, ils ne mangent qu’après s’être purifiés. Ils ont encore beaucoup d’autres observances traditionnelles, comme le lavage des coupes, des cruches et des vases d’airain.
L’idée : “Si je touche un objet impure, je suis contaminé, donc je dois tout purifier tout le temps.”
C’est du ritualisme, pas de la foi.
7:5 Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ?
Ils reprochent à Jésus de ne pas suivre leurs traditions
Ils ne disent pas : « Pourquoi ils ne suivent pas Moïse ? »
Ils disent : « Pourquoi ils ne suivent pas NOS traditions ? »
Pour eux, la tradition humaine = aussi importante que la Parole de Dieu. C’est précisément ce que Jésus va dénoncer juste après.
Voici ce que Jésus veut montrer :
Les traditions humaines ne doivent jamais remplacer la Parole de Dieu
Même si elles sont anciennes.
Même si des milliers de gens les suivent.
Même si des chefs religieux disent que c’est important.
Les traditions ne rendent personne pur devant Dieu
Tu peux te laver 20 fois les mains, purifier 40 coupes, faire 100 rituels… Si ton cœur est dur, cela ne sert à rien.
7:6 Jésus leur répondit: Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous, ainsi qu'il est écrit: Ce peuple m'honore des lèvres, Mais son coeur est éloigné de moi.
7:7 C'est en vain qu'ils m'honorent, En donnant des préceptes qui sont des commandements d'hommes.
7:8 Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes.
7:9 Il leur dit encore: Vous anéantissez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition.
7:10 Car Moïse a dit: Honore ton père et ta mère; et: Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort.
7:11 Mais vous, vous dites: Si un homme dit à son père ou à sa mère: Ce dont j'aurais pu t'assister est corban, c'est-à-dire, une offrande à Dieu,
7:12 vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère,
7:13 annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie. Et vous faites beaucoup d'autres choses semblables.
Après que les pharisiens ont reproché aux disciples de ne pas se laver les mains selon la tradition des anciens, Jésus ne laisse pas la critique sans réponse. Les pharisiens sont choqués par un détail rituel…Mais Jésus va révéler le vrai problème, celui du cœur. Alors il leur répond, et expose leur hypocrisie.
7.6 « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi »
Jésus révèle que ces personnes donnent seulement une apparence de piété. Elles parlent comme des croyants, prononcent les bonnes paroles, récitent les prières et donnent l’impression d’aimer Dieu. Leur bouche semble proche de Dieu… mais leur cœur et leur vie ne le sont pas du tout.
En réalité, elles n’aiment pas Dieu. Elles aiment surtout leur image religieuse, leur influence et leurs traditions. Mais Dieu regarde le cœur, pas les gestes extérieurs ni les mots répétés mécaniquement.
Ésaïe avait prophétisé cela 700 ans auparavant : un peuple très religieux en apparence, mais vide intérieurement. Jésus montre que cette prophétie s’accomplit sous leurs yeux.
7.7 « Ils m’honorent en vain »
Jésus affirme que leur culte n’a aucune valeur. Leur religion est inutile, parce qu’elle n’est qu’un ensemble de gestes rituels, extérieurs et automatiques sans véritable amour, sans sincérité, sans obéissance réelle.
« En donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes »
Ils enseignent des règles humaines en prétendant qu’elles viennent de Dieu. Ils parlent de Dieu, mais au lieu de transmettre sa volonté, ils imposent leurs traditions, leurs coutumes et leurs inventions religieuses.
7.8 « Vous abandonnez le commandement de Dieu pour garder votre tradition »
Jésus leur reproche quelque chose de très sérieux : ils délaissent la volonté de Dieu pour suivre leurs propres traditions.
En d’autres termes, Jésus leur dit :
« Vous mettez de côté ce que Dieu demande. »
« Vous préférez vos règles inventées par les hommes. »
Un exemple simple :
Dieu dit : « Aime ton prochain. »
Eux affirment : « Si tu ne te laves pas les mains comme notre tradition l’exige, tu es impur. »
Ainsi, leurs coutumes humaines remplacent et annulent les commandements divins.
7.9 « Vous anéantissez fort bien… »
Ici, Jésus utilise l’ironie pour accentuer la gravité de leur attitude.
« Vous êtes vraiment doués pour annuler la loi de Dieu… » « … rien que pour conserver vos traditions ! »
C’est une façon puissante de dénoncer leur hypocrisie. Ils ont développé un système religieux qui leur permet de contourner ce que Dieu demande, tout en ayant l’air très spirituels.
Pourquoi Jésus mentionne Moïse et le commandement : “Honore ton père et ta mère” ?
Parce qu’il veut donner un exemple concret de leur hypocrisie.
Il va prouver que leurs traditions religieuses annulent réellement un commandement clair de Dieu.
7.10 « Honore ton père et ta mère »
Ce commandement, le 5ᵉ, est simple et indiscutable. Honorer ses parents signifie les respecter, les soutenir, les aider, surtout lorsqu’ils deviennent âgés.
Dieu demande clairement : « Prenez soin de vos parents. »
7.11–12 Le “Corban” : explication
Le mot Corban signifie « offrande consacrée à Dieu ». Les pharisiens avaient créé une tradition : si quelqu’un déclarait son argent Corban, il était théoriquement donné à Dieu…mais la personne pouvait quand même continuer à l’utiliser pour elle-même. Une forme de fausse spiritualité.
Exemple :
Un fils pouvait dire à ses parents : « J’aurais pu t’aider… mais j’ai déclaré mon argent Corban. Je ne peux plus faire quelque chose pour toi. »
Et les pharisiens approuvaient :
✔ « C’est religieux. »
❌ « Tu n’as plus à aider tes parents. »
Ainsi : une tradition humaine servait à désobéir à un commandement divin.
C’est exactement ce que Jésus dénonce.
7.13 « Annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition »
Dieu dit : « Aide tes parents. » Eux enseignent : « Déclare ton argent Corban, et tu n’es plus obligé. » Leur tradition supprime donc la loi de Dieu. Puis Jésus ajoute : « Et vous faites beaucoup d’autres choses semblables. »
Ce n’était pas un cas isolé : c’était un système religieux où les règles humaines passaient avant le commandement de Dieu.
7:14 Ensuite, ayant de nouveau appelé la foule à lui, il lui dit: Écoutez-moi tous, et comprenez.
7:15 Il n'est hors de l'homme rien qui, entrant en lui, puisse le souiller; mais ce qui sort de l'homme, c'est ce qui le souille.
7:16 Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende.
7:17 Lorsqu'il fut entré dans la maison, loin de la foule, ses disciples l'interrogèrent sur cette parabole.
7:18 Il leur dit: Vous aussi, êtes-vous donc sans intelligence? Ne comprenez-vous pas que rien de ce qui du dehors entre dans l'homme ne peut le souiller?
7:19 Car cela n'entre pas dans son coeur, mais dans son ventre, puis s'en va dans les lieux secrets, qui purifient tous les aliments.
7:20 Il dit encore: Ce qui sort de l'homme, c'est ce qui souille l'homme.
7:21 Car c'est du dedans, c'est du coeur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres,
7:22 les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie.
7:23 Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l'homme.
Dans ces versets, Jésus continue d’enseigner contre les religieux qui restaient extrêmement rigides sur les rituels et les traditions extérieures. Après avoir dénoncé leurs règles humaines, Jésus va maintenant se concentrer sur le cœur, c’est-à-dire l’intérieur de l’homme.
Pourquoi Dieu avait donné des lois alimentaires avec Moïse ?
Avant Jésus, dans la Loi de Moïse, il y avait effectivement des lois alimentaires. Elles n’étaient pas là par hasard.
Distinguer Israël des autres nations Dieu voulait que Son peuple soit différent, séparé des pratiques païennes. Les lois alimentaires étaient un signe visible de cette séparation.
Enseigner la sainteté
À travers l’idée de “pur” et “impur”, Dieu enseignait symboliquement que l’impureté existe et que l’homme doit s’en éloigner. C’était une pédagogie visuelle pour préparer le peuple à comprendre ce que Jésus enseignera plus tard.
Protéger le peuple des pratiques idolâtres
Plusieurs animaux “impurs” étaient utilisés dans les cultes païens. Les interdictions coupaient Israël de ces influences.
Les lois alimentaires étaient donc un symbole, une préparation. Elles montraient extérieurement ce que Dieu voulait faire intérieurement : former un peuple pur, différent et consacré.
Jésus révèle maintenant le vrai sens de la pureté
Les pharisiens avaient transformé ces lois en rituels automatiques.
manger un aliment “impur” = devenir impur
toucher quelque chose d’impur = devenir impur
ne pas faire un lavage = être coupable
La pureté était devenue extérieure, mécanique, sans rapport avec le cœur.
Alors Jésus appelle la foule et dit : « Rien de ce qui entre dans l’homme ne peut le souiller… »
Pourquoi ?
Parce que les aliments passent simplement dans le ventre et sont éliminés. Ils n’entrent pas dans le cœur, là où se forme le bien ou le mal.
Ce n’est donc pas ce que tu manges qui te rend impur.
La vraie souillure n’est pas dans les rites, mais dans le cœur.
C quoi être impur ? Être impur signifiait surtout que :
• tu ne pouvais pas aller au Temple,
• tu ne pouvais pas participer aux sacrifices,
• tu devais te purifier avant de reprendre certaines activités religieuses.
C’était une restriction sociale et religieuse, pas une condamnation morale de ton âme. Donc un religieux pouvait te dire : « Tu es impur, tu ne peux pas entrer au Temple » Mais ça ne voulait pas dire : « Ton âme est condamnée, tu as péché gravement. »
“Ce qui sort de l’homme, c’est ce qui le souille.”
Ici, Jésus arrive au cœur de son enseignement. La véritable impureté vient de l’intérieur : des pensées, des intentions, des désirs, des attitudes qui sortent du cœur. Ce que Jésus dit est très profond, et la liste qu’il donne n’est pas aléatoire.
La liste se divise en catégories :
Péchés de relation : meurtre, vol, calomnie
Péchés sexuels : adultères, impudicités
Péchés du désir : cupidité, envie
Péchés d’attitude : orgueil, folie (absence de sagesse)
Le message est puissant : un cœur détraqué corrompt toute dimension de la vie, la vie sociale, la vie sexuelle, la vie économique, et même la vie spirituelle.
Ce n’est pas ce qui est autour de toi qui te détruit…c’est ce qui sort de ton propre cœur. Le cœur doit être purifié, non les mains ; et il faut veiller sur ce qui sort du cœur et non sur ce qui entre dans la bouche. Avec ces paroles, Jésus dévoile le vrai problème de l’homme : ce n’est pas ce qu’il mange, mais ce qu’il est intérieurement.
Les lois alimentaires étaient un symbole. Jésus en montre maintenant l’accomplissement : Dieu regarde le cœur, pas les rituels.
7:24 Jésus, étant parti de là, s'en alla dans le territoire de Tyr et de Sidon. Il entra dans une maison, désirant que personne ne le sût; mais il ne put rester caché.
Après avoir été confronté aux pharisiens et aux religieux, Jésus quitte cette région tendue et se rend à Tyr et Sidon. Ce choix peut surprendre : Jésus se rend rarement dans des territoires païens. Et justement, Marc souligne ce contraste.
Pourquoi aller à Tyr et Sidon alors que Jésus ne prêche presque jamais en territoire païen ?
Tyr et Sidon, c’est :
loin de Jérusalem,
loin des foules juives,
loin des pharisiens,
hors du territoire d’Israël.
Jésus sort symboliquement d’Israël, comme pour prendre de la distance après le conflit avec les religieux. Mais, comme souvent, il ne peut pas rester caché : même loin, même parmi les païens, la lumière ne peut être cachée. Sa réputation le précède, et les gens sont attirés par Lui.
Et c’est précisément là, dans ce contexte inattendu, que Jésus va se laisser rencontrer par une femme païenne…Non parce qu’elle l’a trouvé par hasard, mais parce que la lumière est venue jusqu’à elle.
7:25 Car une femme, dont la fille était possédée d'un esprit impur, entendit parler de lui, et vint se jeter à ses pieds.
7:26 Cette femme était grecque, syro-phénicienne d'origine. Elle le pria de chasser le démon hors de sa fille. Jésus lui dit:
7:27 Laisse d'abord les enfants se rassasier; car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens.
7:28 Oui, Seigneur, lui répondit-elle, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des enfants.
7:29 Alors il lui dit: à cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille.
7:30 Et, quand elle rentra dans sa maison, elle trouva l'enfant couchée sur le lit, le démon étant sorti.
Dans ce passage, une femme vient à Jésus parce que sa petite fille est possédée par un esprit impur. Comme souvent dans l’Évangile, on voit la destruction que le mal peut apporter, jusque dans la vie d’un enfant. Mais cette mère, poussée par l’amour et par une foi profonde, cherche la seule véritable lumière : Jésus, celui qui délivre et guérit.
Marc précise que cette femme est grecque et syro-phénicienne. Cela signifie qu’elle est païenne, donc non-juive. Cette précision est très importante : elle n’appartient pas au peuple d’Israël, ni aux promesses faites à Abraham. Elle représente les nations étrangères, celles qui ne faisaient pas partie du peuple élu.
Lorsqu’elle supplie Jésus de chasser le démon de sa fille, Jésus lui répond avec une image :
« Laisse d’abord les enfants se rassasier ; il n’est pas bon de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. »
Dans cette métaphore :
les enfants représentent Israël, le peuple choisi par Dieu ;
les petits chiens représentent les nations païennes.
Ce n’est pas une insulte : le mot grec utilisé signifie « petits chiens domestiques », comme des chiots dans la maison. Jésus rappelle simplement l’ordre du plan de Dieu : la mission commence d’abord par Israël, puis s’étendra ensuite au reste du monde.
Mais la femme fait preuve d’une foi remarquable. Elle ne se décourage pas et répond :
« Oui, Seigneur, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table des enfants. »
Par cette phrase, elle montre une humilité profonde, mais aussi une confiance totale : elle croit qu’une simple miette de la puissance de Jésus suffit pour délivrer sa fille. Elle accepte l’ordre de Dieu, mais croit que sa grâce déborde au-delà d’Israël.
Touché par cette foi, Jésus lui dit :
« À cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille. »
Quand elle rentre chez elle, elle trouve sa fille délivrée.
Ce passage révèle plusieurs vérités essentielles :
La foi véritable peut naître même chez ceux qui ne font pas partie du peuple juif.
Jésus n’est pas venu seulement pour Israël, mais pour toute l’humanité.
La puissance de Jésus est telle qu’une simple « miette » suffit à vaincre le mal.
L’humilité et la persévérance de cette femme païenne deviennent un modèle de foi, même pour les croyants d’Israël.
Ainsi, cette scène montre que la grâce et le salut de Jésus ne sont plus réservés à un seul peuple, mais s’ouvrent à tous ceux qui croient, quelles que soient leurs origines.
7:31 Jésus quitta le territoire de Tyr, et revint par Sidon vers la mer de Galilée, en traversant le pays de la Décapole.
7:32 On lui amena un sourd, qui avait de la difficulté à parler, et on le pria de lui imposer les mains.
7:33 Il le prit à part loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et lui toucha la langue avec sa propre salive;
7:34 puis, levant les yeux au ciel, il soupira, et dit: Éphphatha, c'est-à-dire, ouvre-toi.
7:35 Aussitôt ses oreilles s'ouvrirent, sa langue se délia, et il parla très bien.
7:36 Jésus leur recommanda de n'en parler à personne; mais plus il le leur recommanda, plus ils le publièrent.
7:37 Ils étaient dans le plus grand étonnement, et disaient: Il fait tout à merveille; même il fait entendre les sourds, et parler les muets.
Jésus quitte le territoire de Tyr, passe par Sidon, puis traverse la région de la Décapole pour rejoindre la mer de Galilée. Cet itinéraire est volontairement inhabituel. Tyr, Sidon et la Décapole sont des territoires païens. En empruntant ce chemin, Jésus montre que sa mission dépasse les frontières d’Israël : le salut est destiné à tous les peuples.
On lui amène un homme sourd, qui a aussi de la difficulté à parler. Ces deux handicaps sont liés. Ne pas entendre empêche de parler correctement. Spirituellement, cet homme représente l’humanité blessée : elle n’écoute plus Dieu et ne sait plus témoigner de Lui.
Jésus prend cet homme à part, loin de la foule. La guérison ne se fait pas en public comme un spectacle, mais dans une relation personnelle. Dieu agit dans la proximité et l’intimité.
Jésus pose ensuite des gestes concrets : il met ses doigts dans les oreilles du malade et touche sa langue avec sa propre salive. Il met probablement de la salive sur son doigt avant de toucher la langue. Ce geste, compréhensible à l’époque, montre que Jésus guérit en touchant directement la blessure. La salive, qui vient de la bouche, symbolise la vie et la parole. Ce qui sort de Jésus sa parole, sa vie, son Esprit vient délier ce qui est fermé.
Jésus lève ensuite les yeux vers le ciel pour montrer que la guérison vient du Père. Puis il soupire. Ce soupir exprime sa profonde compassion et la douleur de voir l’homme et l’humanité enfermés dans la souffrance et le mal. Avant de guérir, Jésus porte la souffrance de l’autre.
Il prononce alors un seul mot : « Éphphatha », c’est-à-dire « Ouvre-toi ». Ce mot va bien au-delà de la guérison physique. Il concerne toute la personne et même le monde entier.
Ce qui doit s’ouvrir :
les oreilles → écouter Dieu
la bouche → proclamer la foi
le cœur → accueillir le salut
l’humanité entière → au Royaume
Aussitôt, les oreilles du malade s’ouvrent et sa langue se délie. Jésus recommande ensuite de garder le silence, car il ne veut pas être reconnu seulement comme un faiseur de miracles. Pourtant, la foule ne peut se taire : quand Dieu agit vraiment, le témoignage déborde.