Le chapitre 7 conclut le Sermon sur la montagne, commencé aux chapitres 5 et 6. Après avoir enseigné les valeurs du Royaume de Dieu, la justice du cœur, la sincérité devant Dieu, les trésors célestes et la confiance en notre Père céleste, Jésus termine son discours par plusieurs avertissements essentiels.
Il parle du jugement des autres, du discernement spirituel, de la persévérance dans la prière, du vrai et du faux chemin, des faux prophètes, ainsi que de l’importance de reconnaître les véritables fruits d’une vie transformée par Dieu.
Tout au long de ce chapitre, Jésus met l’accent sur l’authenticité de la foi. Il montre qu’il ne suffit pas d’avoir une apparence religieuse ou de connaître ses enseignements : ce qui compte réellement est de vivre selon la volonté de Dieu et de mettre sa parole en pratique.
Le chapitre se termine par l’image de la maison bâtie sur le roc, illustrant la différence entre celui qui écoute les paroles de Jésus et leur obéit, et celui qui les entend sans les mettre en pratique.
Ainsi, Matthieu 7 constitue l’aboutissement du Sermon sur la montagne : un appel à une foi véritable, fondée sur l’obéissance, le discernement et une relation authentique avec Dieu.
7:1 Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés.
7:2 Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez.
7:3 Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'oeil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil?
7:4 Ou comment peux-tu dire à ton frère: Laisse-moi ôter une paille de ton oeil, toi qui as une poutre dans le tien?
7:5 Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton oeil, et alors tu verras comment ôter la paille de l'oeil de ton frère.
Jésus commence ce chapitre par un avertissement important : « Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. » Il ne dit pas qu’il ne faut jamais discerner le bien du mal ou reconnaître une faute. Tout au long de l’Évangile, Jésus appelle au discernement. Ce qu’il condamne ici, c’est l’attitude de condamnation, d’orgueil et d’hypocrisie qui pousse à se placer au-dessus des autres pour les critiquer ou les mépriser.
Puis il ajoute : « On vous jugera du jugement dont vous jugez. » Autrement dit, la mesure que nous utilisons envers les autres révèle aussi l’état de notre propre cœur. Celui qui juge avec dureté, sans miséricorde ni humilité, oublie souvent qu’il a lui-même besoin de la grâce de Dieu.
Pour illustrer cela, Jésus utilise une image frappante : « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? » La paille représente un défaut ou une faute chez l’autre, tandis que la poutre symbolise nos propres péchés, parfois plus importants encore. Jésus montre ainsi qu’il est facile de remarquer les erreurs des autres tout en restant aveugle à ses propres faiblesses.
C’est pourquoi il déclare : « Ôte premièrement la poutre de ton œil. » Avant de vouloir corriger les autres, le croyant est appelé à s’examiner lui-même, à reconnaître ses propres fautes et à laisser Dieu transformer son cœur. Ce n’est qu’après cette démarche d’humilité qu’il pourra aider son prochain avec justice, compassion et sincérité.
À travers cet enseignement, Jésus ne condamne pas le discernement, mais l’esprit de jugement orgueilleux et hypocrite. Il appelle ses disciples à l’humilité, à l’examen de soi et à la miséricorde envers les autres, en se souvenant que tous ont besoin de la grâce de Dieu.
7:6 Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu'ils ne les foulent aux pieds, ne se retournent et ne vous déchirent.
Après avoir enseigné à ne pas juger les autres avec hypocrisie, Jésus ajoute maintenant un principe de discernement dans le partage de la vérité.
Il dit : « Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu’ils ne les foulent aux pieds, et ne se retournent et ne vous déchirent. » Les « choses saintes » et les « perles » représentent les vérités précieuses de Dieu, les enseignements du Royaume et tout ce qui a une valeur spirituelle profonde.
Les « chiens » et les « pourceaux » symbolisent ceux qui rejettent volontairement ces vérités, les méprisent ou n’ont aucun respect pour ce qui est sacré. Jésus ajoute une mise en garde très forte : « de peur qu’ils ne les foulent aux pieds » Cela signifie que ces vérités peuvent être rejetées, ignorées ou traitées sans aucun respect, comme quelque chose de sans valeur. Ce qui est spirituellement précieux devient alors piétiné et méprisé.
Puis il dit : « et qu’ils ne se retournent et ne vous déchirent » Cela montre qu’il peut aussi y avoir une réaction agressive. Au lieu d’accepter le message, certaines personnes peuvent se retourner contre celui qui le partage, l’attaquer, le rejeter ou lui faire du mal. Jésus ne dit pas cela pour créer la peur ou le rejet des autres, mais pour enseigner la sagesse spirituelle : tout le monde n’est pas dans la même disposition de cœur pour recevoir la vérité.
Il ne s’agit donc pas de cesser d’aimer ou de partager, mais de comprendre que le message du Royaume doit être transmis avec discernement, au bon moment et avec les bonnes personnes, afin qu’il soit reçu avec respect et non rejeté.
7:7 Demandez, et l'on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l'on vous ouvrira.
7:8 Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l'on ouvre à celui qui frappe.
Ce passage est un appel à la persévérance dans la relation avec Dieu, mais aussi une grande promesse d’encouragement. Jésus utilise trois verbes forts : demander, chercher et frapper, chacun accompagné d’une réponse de Dieu : recevoir, trouver et ouvrir. Il montre ainsi que la relation avec Dieu n’est pas passive, mais vivante et progressive.
Demandez, et l’on vous donnera.
Demander, c’est reconnaître humblement ses besoins devant Dieu. C’est accepter que l’on ne peut pas tout contrôler par soi-même et se tourner vers Lui avec confiance. Recevoir ne signifie pas toujours obtenir immédiatement ce que l’on veut, mais croire que Dieu entend réellement la prière et répond au bon moment, selon sa sagesse.
Cherchez, et vous trouverez.
Chercher va plus loin que demander. Cela représente une démarche active : rechercher la volonté de Dieu, sa vérité, sa direction dans la vie. Cela demande de la persévérance, car ce que Dieu veut révéler ne se découvre pas toujours instantanément, mais dans une marche continue avec Lui.
Frappez, et l’on vous ouvrira.
Frapper exprime l’insistance et la persévérance. C’est continuer à s’approcher de Dieu même quand la réponse semble tarder, sans abandonner. Et Jésus donne une promesse claire : « Quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. »
Cela montre que Dieu n’est pas fermé ni indifférent, mais qu’il répond à celui qui s’approche de Lui avec un cœur sincère. Ainsi, Jésus enseigne que la prière n’est pas seulement une demande ponctuelle, mais une relation vivante avec Dieu, faite de confiance, de recherche et de persévérance.
7:9 Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s'il lui demande du pain?
7:10 Ou, s'il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent?
7:11 Si donc, méchants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent.
Jésus utilise maintenant une image très simple mais très forte : celle d’un père et de son enfant. Il dit : « Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain ? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? » À travers ces exemples, Jésus montre une évidence, même un être humain imparfait ne trompe pas son propre enfant lorsqu’il a faim ou lorsqu’il demande quelque chose de bon et nécessaire. Un père normal ne donnera pas quelque chose de dangereux ou d’inutile à son enfant à la place de ce dont il a besoin. Au contraire, il cherche à le nourrir, à le protéger et à lui faire du bien.
Puis Jésus ajoute une phrase forte : « Si donc, mauvais comme vous l’êtes… » Ici, Jésus ne veut pas dire que les hommes sont “mauvais” au sens extrême ou totalement perdus. Il souligne plutôt la réalité de l’être humain : nous sommes imparfaits, limités, parfois égoïstes ou capables d’erreur.
Malgré cela, même des parents humains, avec leurs défauts, savent encore donner de bonnes choses à leurs enfants et éviter de leur faire du mal. Jésus s’appuie donc sur cette réalité pour faire un raisonnement, si des êtres humains imparfaits savent aimer et donner ce qui est bon, alors Dieu, qui est parfait et sans aucune erreur, le fera encore plus parfaitement.
Il conclut : « À combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent. » Dieu n’est pas seulement un créateur lointain, il est un Père parfait, rempli d’amour et de sagesse. Contrairement aux hommes, Dieu ne se trompe pas, ne donne pas par erreur, et ne refuse pas par méchanceté. Même si ses réponses ne sont pas toujours celles que l’on attend, elles sont toujours bonnes, justes et adaptées à ce qui est réellement nécessaire.
Ainsi, Jésus veut rassurer ses disciples : s’ils peuvent faire confiance à un père humain imparfait, ils peuvent encore plus faire confiance à Dieu, le Père parfait, qui sait donner ce qui est bon au bon moment.
7:12 Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c'est la loi et les prophètes.
Jésus donne ici un principe simple mais fondamental, souvent appelé “la règle d’or” : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux. » À travers cette phrase, Jésus établit une base essentielle pour toutes les relations humaines.
L’essence du principe
Jésus invite chacun à se mettre à la place de l’autre. Autrement dit : ce que nous aimerions recevoir des autres respect, écoute, aide, justice, amour nous devons aussi être prêts à le donner. Ce n’est plus une logique de “je reçois donc je donne”, mais une logique d’amour actif : je fais le bien même si l’autre ne l’a pas encore fait.
Une attitude du cœur, pas une simple réaction
Jésus ne parle pas d’un comportement basé sur la récompense ou la réponse des autres. Il appelle à une manière de vivre différente, agir avec bonté, même si ce n’est pas rendu, aimer, même si ce n’est pas toujours mérité, faire le bien sans attendre en retour. C’est une manière de vivre qui transforme les relations, car elle casse le cycle de l’égoïsme et de la vengeance.
“La loi et les prophètes”
Quand Jésus dit : « car c’est la loi et les prophètes » il veut dire que ce principe résume tout l’enseignement de Dieu dans l’Ancien Testament.
Toute la loi de Dieu vise finalement à conduire l’homme vers :
l’amour de Dieu
et l’amour du prochain
Ainsi, cette règle d’or n’est pas seulement une bonne manière de vivre avec les autres, mais elle exprime le cœur même de la vie selon le Royaume de Dieu : une vie guidée par l’amour, la justice et la compassion.
7:13 Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là.
7:14 Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.
Jésus dit : « Large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. » La porte large représente un chemin facile, sans grandes contraintes ni remise en question intérieure.
C’est un mode de vie où l’on suit ses envies immédiates, où l’on évite les efforts spirituels, et où l’on vit sans forcément chercher la volonté de Dieu. Ce chemin semble confortable, parce qu’il ne demande pas de renoncement profond, mais Jésus montre qu’il conduit à la perdition, c’est-à-dire à une séparation d’avec Dieu. Et beaucoup y entrent, car ce qui est facile attire naturellement plus de monde.
La porte étroite et le chemin resserré
Jésus dit ensuite : « Étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. » La porte étroite représente un chemin plus exigeant.
C’est une vie de choix conscients :
renoncer à certaines choses
chercher la volonté de Dieu
vivre selon ses valeurs
accepter parfois l’incompréhension ou les difficultés
Ce chemin n’est pas facile, car il demande une vraie transformation intérieure. Mais Jésus précise que ce chemin mène à la vie, c’est-à-dire à la vie avec Dieu et à la vie éternelle.
Une invitation au choix
À travers cette image, Jésus montre qu’il existe deux directions possibles dans la vie spirituelle. L’une est large, facile et suivie par la majorité, mais elle éloigne de Dieu. L’autre est étroite, exigeante et moins fréquentée, mais elle conduit à la vraie vie. Ainsi, Jésus ne parle pas seulement d’un style de vie, mais d’un choix profond du cœur.
7:15 Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtement de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs.
Jésus lance ici un avertissement direct : « Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtement de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. » Le message est clair : tout ce qui semble spirituel ne vient pas forcément de Dieu. Jésus utilise une image très forte pour illustrer ce danger : des loups qui se déguisent en brebis.
La brebis représente quelque chose de doux, inoffensif, digne de confiance. Le loup, au contraire, symbolise la prédation, la tromperie et la destruction.
Une apparence spirituelle trompeuse
Les faux prophètes ne se présentent pas comme des ennemis évidents. Au contraire, ils adoptent les codes de la foi : langage religieux, apparence respectueuse, discours inspirant. Extérieurement, ils ressemblent à de véritables croyants. Pourtant, leur intention intérieure n’est pas alignée avec Dieu. Ce décalage entre l’apparence et le cœur rend leur présence difficile à discerner.
Un danger au milieu des croyants
Le danger ne vient pas seulement de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur même du milieu spirituel. Ces personnes peuvent influencer, orienter ou déformer la compréhension de la vérité sans être immédiatement reconnues. Le risque est alors de suivre une direction qui semble bonne, mais qui éloigne progressivement du véritable enseignement de Dieu.
Une invitation au discernement
À travers cet avertissement, Jésus ne pousse pas à la méfiance permanente envers tous, mais à un discernement éveillé. Tout message spirituel doit être examiné, non seulement par son apparence, mais aussi par ce qu’il produit réellement dans la vie et le cœur.
7:16 Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons?
7:17 Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits.
7:18 Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits.
7:19 Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu.
7:20 C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
Jésus poursuit son enseignement sur les faux prophètes en donnant une clé essentielle du discernement : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. » Le fruit représente ici les actions, les choix et la manière de vivre d’une personne. Ce n’est pas l’apparence religieuse ou les paroles spirituelles qui permettent de savoir si quelqu’un est authentique, mais ce que sa vie produit réellement dans la durée.
Jésus utilise ensuite une image simple : on ne peut pas cueillir des raisins sur des épines ni des figues sur des chardons. Chaque chose produit selon sa nature. De la même manière, une vie intérieure bonne finit par produire de bonnes actions, tandis qu’une vie intérieure mauvaise ne peut pas produire durablement de bons fruits.
Une personne peut donc avoir une apparence pieuse, tenir un langage spirituel ou donner une impression de foi, mais si sa vie ne reflète pas les valeurs de Dieu, cela révèle une contradiction intérieure. C’est pour cela que Jésus insiste sur le fait que le discernement ne doit pas se baser sur les apparences mais sur les fruits réels.
Jésus ajoute ensuite une image très forte en parlant de l’arbre qui ne porte pas de bons fruits et qui est coupé et jeté au feu. Cette image représente le jugement de Dieu. L’arbre symbolise la vie spirituelle de l’homme, le fruit représente ses œuvres et sa réalité intérieure, et le fait d’être coupé montre la séparation d’avec la source de la vie. Le feu, dans le langage biblique, représente le jugement final de Dieu, souvent compris comme la Géhenne, c’est-à-dire la conséquence d’une vie séparée de Dieu.
Ainsi, Jésus ne parle pas pour effrayer, mais pour montrer une réalité spirituelle : ce qui est vrai ou faux finit toujours par être révélé, et Dieu juge selon la réalité intérieure et non selon les apparences.
Jésus conclut simplement : « C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »
7:21 Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.
7:22 Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom? n'avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom?
7:23 Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité.
Après avoir averti contre les faux prophètes et expliqué que l’on reconnaît l’arbre à ses fruits, Jésus va encore plus loin. Il déclare : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux. » Cette parole est surprenante, car ces personnes semblent croire en Dieu et reconnaître l’autorité de Jésus. Pourtant, Jésus montre qu’une foi authentique ne se limite pas à des paroles ou à une profession de foi extérieure. Ce qui compte réellement est de faire la volonté du Père.
Depuis le début du Sermon sur la montagne, Jésus a expliqué en quoi consiste cette volonté : aimer Dieu, aimer son prochain, rechercher la justice, pardonner, vivre dans l’humilité, chercher le Royaume de Dieu et mettre en pratique ses enseignements.
Jésus poursuit en disant : « Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? N’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? Et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? » Ces personnes présentent des œuvres impressionnantes. Elles ont parlé au nom de Dieu, exercé un ministère et accompli des choses qui semblaient spirituelles. Mais Jésus montre ici qu’il est possible d’avoir une activité religieuse importante sans pour autant vivre dans une véritable obéissance à Dieu.
Les miracles, les dons spirituels ou les apparences religieuses ne sont pas le critère ultime. Le véritable critère reste la relation avec Dieu et la fidélité à sa volonté.
Puis vient l’une des paroles les plus solennelles de l’Évangile : « Je ne vous ai jamais connus. » Dans la Bible, connaître quelqu’un ne signifie pas simplement savoir qu’il existe. Cela parle d’une relation personnelle, profonde et vivante. Ces personnes connaissaient peut-être le nom de Jésus, mais elles ne vivaient pas réellement en communion avec lui. Leur vie extérieure semblait spirituelle, mais leur cœur demeurait éloigné de Dieu.
Jésus conclut : « Retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » L’iniquité désigne ici une manière de vivre contraire à la volonté de Dieu. Ce n’est pas la faiblesse ou les fautes que tout croyant peut commettre, mais le fait de persister dans une vie qui refuse d’obéir à Dieu tout en conservant une apparence religieuse.
À travers cet avertissement, Jésus montre qu’une foi authentique ne se mesure pas aux paroles, aux dons ou aux œuvres spectaculaires, mais à une relation réelle avec Dieu et à une vie qui cherche sincèrement à accomplir sa volonté.
7:24 C'est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc.
7:25 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison: elle n'est point tombée, parce qu'elle était fondée sur le roc.
7:26 Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable.
7:27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison: elle est tombée, et sa ruine a été grande.
Jésus conclut ici le Sermon sur la montagne par une image simple mais profonde. Après avoir enseigné pendant trois chapitres la justice du Royaume, la sincérité devant Dieu, la confiance en notre Père céleste, le discernement spirituel et l’authenticité de la foi, il pose maintenant une question essentielle : que faisons-nous de ses paroles ?
Il dit : « Quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. » La maison représente la vie d’une personne. Le roc représente un fondement solide. Celui qui écoute Jésus et applique ses enseignements construit sa vie sur quelque chose qui peut résister aux épreuves.
Puis Jésus parle de la pluie, des torrents et des vents qui frappent la maison. Ces éléments représentent les difficultés de la vie : les souffrances, les épreuves, les tentations, les déceptions, les pertes ou les moments de crise. Il est important de remarquer que la tempête frappe les deux maisons. Jésus ne promet pas une vie sans difficultés à ceux qui le suivent. Les épreuves touchent tout le monde.
La différence se trouve dans le fondement.
La maison bâtie sur le roc reste debout parce qu’elle repose sur quelque chose de solide. Celui qui fonde sa vie sur Jésus et met sa parole en pratique peut traverser les tempêtes sans être détruit, car sa foi possède des racines profondes. À l’inverse, Jésus parle de celui qui entend ses paroles mais ne les met pas en pratique. Il ressemble à un homme insensé qui construit sa maison sur le sable. Le sable paraît stable lorsque le temps est calme, mais il ne peut pas soutenir durablement une construction lorsque la tempête arrive.
Cette maison représente une vie fondée sur les apparences, les opinions humaines, les richesses, la confiance en soi ou une foi superficielle qui ne transforme pas réellement le cœur. Lorsque les vents soufflent et que les torrents arrivent, la faiblesse du fondement est révélée, et la maison s’effondre.
Jésus termine ainsi son enseignement en rappelant que la foi véritable ne consiste pas seulement à entendre la parole de Dieu ou à l’approuver intellectuellement. La différence entre les deux hommes n’est pas ce qu’ils ont entendu, mais ce qu’ils ont fait de ce qu’ils ont entendu.
À travers cette image, Jésus invite chacun à bâtir sa vie sur un fondement solide en mettant ses paroles en pratique. Car ce qui est construit sur lui demeure, tandis que ce qui repose sur un fondement fragile finit par s’écrouler lorsque vient l’épreuve.
7:28 Après que Jésus eut achevé ces discours, la foule fut frappée de sa doctrine;
7:29 car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme leurs scribes.
Après avoir achevé le Sermon sur la montagne, Jésus laisse la foule profondément marquée par ce qu’elle vient d’entendre. « La foule fut frappée de sa doctrine. » Cela signifie qu’elle fut étonnée, impressionnée et même bouleversée par la force de son enseignement.
Les paroles de Jésus n’étaient pas simplement intéressantes ou agréables à écouter ; elles touchaient profondément les cœurs et révélaient une vérité qui dépassait ce que les gens avaient l’habitude d’entendre.
Matthieu explique ensuite la raison de cette réaction : « Car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme leurs scribes. » Les scribes étaient des spécialistes de la Loi de Moïse. Ils enseignaient souvent en s’appuyant sur les interprétations d’autres maîtres ou sur les traditions reçues. Leur autorité venait principalement de ce qu’ils citaient.
Jésus, lui, parlait différemment. Tout au long du Sermon sur la montagne, il déclare à plusieurs reprises : « Mais moi, je vous dis... » Il ne se contente pas de répéter les enseignements des anciens ; il parle avec une autorité personnelle. Il explique directement la volonté de Dieu et révèle le véritable sens des Écritures.
Cette autorité étonne la foule, car Jésus ne présente pas simplement une opinion ou une interprétation parmi d’autres. Il parle comme quelqu’un qui connaît parfaitement la vérité et qui possède lui-même l’autorité de l’enseigner.
À travers le Sermon sur la montagne, Jésus a révélé la volonté de Dieu concernant le cœur de l’homme, la prière, le pardon, la confiance en Dieu, le discernement, l’obéissance et la véritable justice du Royaume.
La foule est frappée par son enseignement, car Jésus ne parle pas comme les scribes qui s'appuient sur l'autorité des anciens. Il enseigne avec une autorité qui lui est propre, comme celui qui connaît parfaitement la volonté de Dieu et qui a le droit de la révéler.
Mais cette autorité ne va pas rester seulement dans ses paroles. Dans le chapitre suivant, Jésus va commencer à la manifester par ses actes. Après avoir enseigné avec autorité, il va agir avec autorité : il guérira les malades, purifiera les lépreux, chassera les démons et accomplira de nombreux miracles.
Même les esprits mauvais reconnaîtront qui il est, montrant que son autorité ne s'exerce pas seulement sur les hommes, mais aussi sur le monde spirituel.
Ainsi, après avoir entendu les paroles du Roi dans le Sermon sur la montagne, nous allons maintenant voir les œuvres qui confirment son autorité et révèlent sa puissance.