Dans ce chapitre, Jésus arrive à Jérusalem, où il est accueilli comme un roi par la foule. Mais cet accueil enthousiaste laisse rapidement place à la confrontation : Jésus révèle l’autorité de Dieu, dénonce une religion sans fruit et enseigne ce qu’est une foi véritable.
11:1 Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem, et qu'ils furent près de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne des oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples,
11:2 en leur disant: Allez au village qui est devant vous; dès que vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s'est encore assis; détachez-le, et amenez-le.
11:3 Si quelqu'un vous dit: Pourquoi faites-vous cela? répondez: Le Seigneur en a besoin. Et à l'instant il le laissera venir ici.
11:4 les disciples, étant allés, trouvèrent l'ânon attaché dehors près d'une porte, au contour du chemin, et ils le détachèrent.
11:5 Quelques-uns de ceux qui étaient là leur dirent: Que faites-vous? pourquoi détachez-vous cet ânon?
11:6 Ils répondirent comme Jésus l'avait dit. Et on les laissa aller.
11:7 Ils amenèrent à Jésus l'ânon, sur lequel ils jetèrent leurs vêtements, et Jésus s'assit dessus.
Jérusalem n’est pas une ville ordinaire : elle est le centre religieux d’Israël, le lieu du Temple, de la Loi et des sacrifices. C’est aussi là que les prophètes ont été rejetés, et où le Messie doit être reconnu… ou refusé. En se dirigeant vers Jérusalem, Jésus avance volontairement vers l’accomplissement de sa mission.
Marc précise les lieux : Bethphagé, Béthanie, le mont des Oliviers. Rien n’est anodin. Béthanie symbolise l’amitié et l’intimité ; le mont des Oliviers, l’espérance messianique. Jésus se place exactement là où l’Écriture annonce l’action décisive de Dieu.
Un geste prophétique et préparatoire
Jésus envoie deux disciples chercher un ânon. L’animal n’a jamais été monté : il est mis à part, consacré pour l’œuvre de Dieu. La précision de Jésus sur l’endroit et la réaction des témoins révèle qu’il maîtrise parfaitement les événements.
Les disciples obéissent sans discuter. Leur confiance suffit à ouvrir le passage. Ce détail montre que l’obéissance simple permet à l’œuvre de Dieu d’avancer, même sans compréhension complète.
Jésus monte sur l’ânon, déposant ainsi un acte symbolique. Les disciples posent leurs vêtements sur l’animal : un geste qui annonce reconnaissance et soumission royale, mais pas encore devant la foule. Jésus n’impose rien, il prépare le chemin.
Ce moment est silencieux, mais chargé de signification. Jésus agit comme Roi, non par conquête ou puissance, mais par humilité et confiance en Dieu. La royauté n’est pas encore proclamée par la foule : elle est révélée dans l’acte lui-même. Celui qui sera rejeté monte humblement, préparant déjà la reconnaissance et le salut.
11:8 Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d'autres des branches qu'ils coupèrent dans les champs.
11:9 Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient: Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur!
11:10 Béni soit le règne qui vient, le règne de David, notre père! Hosanna dans les lieux très hauts!
11:11 Jésus entra à Jérusalem, dans le temple. Quand il eut tout considéré, comme il était déjà tard, il s'en alla à Béthanie avec les douze.
L’entrée de Jésus à Jérusalem n’est ni improvisée ni anodine. Elle est chargée de signes que le peuple comprend instinctivement, même si leur portée réelle lui échappe encore. Chaque geste, chaque cri, chaque mouvement révèle une reconnaissance sincère, mais aussi une attente incomplète.
Lorsque les gens étendent leurs vêtements sur le chemin, ils accomplissent un geste ancien et profondément symbolique. Dans le monde biblique, poser son vêtement à terre devant quelqu’un revient à reconnaître son autorité. C’est un acte d’humilité volontaire, une manière de dire : « Tu passes au-dessus de ce qui m’appartient, je me place sous ton autorité. »
Ce geste, déjà utilisé lors de l’intronisation de rois, signifie que la foule reconnaît en Jésus bien plus qu’un prophète. Sans discours officiel ni couronne visible, ils l’honorent comme un roi.
À ce geste s’ajoute celui des branches coupées dans les champs. Marc emploie volontairement un mot simple, évoquant un feuillage ordinaire, tandis que Jean précisera qu’il s’agit de rameaux de palmier. Ces branches sont traditionnellement liées à la joie, à la victoire et aux grandes fêtes religieuses. Elles expriment l’espérance d’un salut proche, d’une libération attendue, d’un règne restauré.
Le fait qu’elles soient coupées dans les champs souligne le caractère populaire et spontané de la scène : ce ne sont ni les autorités religieuses ni les puissants qui organisent cette entrée, mais des gens simples offrant ce qu’ils ont sous la main.
Les cris qui accompagnent ces gestes sont tout aussi chargés de sens. « Hosanna » n’est pas une simple acclamation festive. C’est une prière ancienne, tirée des psaumes, qui signifie littéralement : « Sauve-nous, maintenant, nous t’en prions. » Avec le temps, ce cri est devenu à la fois supplication et louange. En le proclamant, la foule reconnaît en Jésus celui par qui Dieu peut intervenir, celui qui porte l’espérance du salut.
Lorsqu’ils ajoutent : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur », ils reprennent un langage explicitement messianique. Ils identifient Jésus comme l’envoyé de Dieu, l’héritier du règne de David, celui que les Écritures avaient annoncé.
Pourtant, cette reconnaissance est encore traversée par une attente terrestre. Le règne qu’ils célèbrent est pensé en termes de restauration politique, de libération nationale, de victoire visible. Jésus est bien reconnu comme roi, mais selon des catégories humaines.
L’entrée même à Jérusalem donne à cette scène toute sa gravité. Jérusalem n’est pas une ville parmi d’autres : c’est la ville de David, le cœur spirituel d’Israël, le lieu du Temple. En y entrant ainsi, humblement, monté sur un ânon, Jésus accomplit volontairement les prophéties. Il se présente comme roi, mais un roi de paix, non un conquérant. Sa royauté ne s’impose pas par la force ; elle se révèle par l’obéissance et l’humilité.
Arrivé au Temple, Jésus ne parle pas. Il ne renverse rien. Il observe. Cette simple phrase « quand il eut tout considéré » révèle une profondeur saisissante. Jésus regarde le lieu, le culte, les pratiques, l’état spirituel de ce qui est censé être la maison de Dieu. Il ne réagit pas dans l’émotion ou la colère. Il évalue, il mesure, il discerne. Puis, parce qu’il est déjà tard, il se retire.
Ce retrait n’est pas un renoncement, mais une attente. Le roi est entré dans sa ville. Il a examiné sa maison. Le jugement et la purification viendront, mais en leur temps. Jésus agit toujours au moment juste, selon la volonté du Père, et non selon l’urgence ou l’excitation de la foule.
Ainsi, Marc 11 révèle une tension centrale : Jésus est acclamé comme roi, mais son règne n’est pas encore compris. Il est reconnu, mais selon des attentes humaines. Il entre dans Jérusalem porté par l’espérance populaire, tout en sachant que le chemin qui l’attend n’est pas celui de la gloire immédiate, mais celui de la croix.
11:12 Le lendemain, après qu'ils furent sortis de Béthanie, Jésus eut faim.
11:13 Apercevant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s'il y trouverait quelque chose; et, s'en étant approché, il ne trouva que des feuilles, car ce n'était pas la saison des figues.
11:14 Prenant alors la parole, il lui dit: Que jamais personne ne mange de ton fruit! Et ses disciples l'entendirent.
Le lendemain de son départ de Béthanie, Jésus eut faim. Ce détail, apparemment banal, est pourtant lourd de sens. Dans l’Évangile, la faim de Jésus n’est jamais seulement physique : elle révèle une attente plus profonde. Jésus a faim d’autre chose que de pain ; il a faim de fruits, de vérité, de justice, de foi vivante. Il a faim de la réponse du peuple de Dieu.
Apercevant de loin un figuier couvert de feuilles, Jésus s’en approche. Les feuilles, dans la culture biblique, sont un signe prometteur : un figuier feuillu laisse espérer des fruits précoces. Mais en arrivant, Jésus ne trouve rien, seulement des feuilles. Pourtant, ce n’était pas la saison des figues. Biologiquement, le figuier n’est pas en faute. Spirituellement, en revanche, il est le symbole parfait d’une réalité plus grave : l’apparence sans la fécondité.
Dans toute la Bible, le figuier représente Israël. Ce figuier plein de feuilles mais sans fruits renvoie à un peuple riche de rites, de lois, de traditions religieuses, mais pauvre en fruits spirituels. Il donne l’illusion de la vie, sans en porter la substance. C’est une religion de façade : visible, organisée, respectable, mais intérieurement stérile.
Alors Jésus prend la parole et dit :
« Que jamais personne ne mange de ton fruit. »
Ce n’est ni un accès de colère ni une injustice envers un arbre innocent. C’est un geste prophétique. Jésus parle en parabole vivante. Il annonce le jugement d’un système religieux qui ne remplit plus sa mission.
Marc encadre volontairement cet épisode par l’entrée de Jésus à Jérusalem et la purification du Temple. Le figuier sans fruits éclaire le Temple, et le Temple explique le figuier. À Jérusalem, Jésus trouve des sacrifices, des prières, du commerce sacré, mais il ne trouve pas ce que Dieu attend : la justice, la miséricorde, l’humilité, l’amour du prochain. Le cœur est absent, même si les formes sont intactes.
La malédiction du figuier annonce donc la fin d’un culte vidé de sa substance. Elle préfigure la chute du Temple et le passage d’une foi fondée sur l’apparence et l’héritage religieux à une foi qui se reconnaît à ses fruits. Dieu ne se satisfait pas de feuilles. Il cherche une vie transformée.
La faim de Jésus révèle ainsi la faim de Dieu : non pas des rites, mais des cœurs vivants. Non pas une religion qui se voit, mais une foi qui porte du fruit.
11:15 Ils arrivèrent à Jérusalem, et Jésus entra dans le temple. Il se mit à chasser ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons;
11:16 et il ne laissait personne transporter aucun objet à travers le temple.
11:17 Et il enseignait et disait: N'est-il pas écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations? Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs.
11:18 Les principaux sacrificateurs et les scribes, l'ayant entendu, cherchèrent les moyens de le faire périr; car ils le craignaient, parce que toute la foule était frappée de sa doctrine.
Lorsque Jésus entre dans le Temple de Jérusalem, il ne pénètre pas simplement dans un bâtiment religieux, mais dans le lieu qui symbolise la présence de Dieu au milieu de son peuple. Le Temple est censé être une maison de prière, un espace sacré où l’homme vient rencontrer Dieu, se repentir et l’adorer. Pourtant, Jésus y découvre un tout autre spectacle.
Dans l’enceinte du Temple, des hommes vendent et achètent, des changeurs manipulent l’argent, et le commerce a pris le pas sur la prière. Ce qui devait être un lieu de recueillement est devenu un lieu de transaction. L’argent, la rentabilité et l’intérêt personnel ont remplacé l’adoration sincère. En chassant les vendeurs et en renversant les tables, Jésus pose un acte prophétique fort : il dénonce la profanation du sacré et rappelle la véritable vocation du Temple.
Lorsqu’il déclare :
« Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations », Jésus cite le prophète Ésaïe. Il rappelle que le Temple devait être un lieu ouvert à tous, y compris aux étrangers. Or, le commerce se faisait précisément dans le parvis réservé aux nations, empêchant ceux qui cherchaient Dieu de prier. Le problème n’est donc pas seulement le commerce, mais l’obstacle qu’il crée à la rencontre avec Dieu.
Jésus poursuit en affirmant :
« Vous en avez fait une caverne de voleurs ». Cette expression, tirée du prophète Jérémie, ne désigne pas un simple vol matériel, mais une hypocrisie spirituelle. Une caverne de voleurs est un refuge où l’on se cache après avoir commis l’injustice. Jésus accuse ainsi les chefs religieux d’utiliser le Temple comme une façade, un lieu qui masque leur corruption intérieure tout en leur donnant une apparence de piété.
Cette dénonciation provoque la colère des principaux sacrificateurs et des scribes. Jésus menace leur autorité, leur système religieux et les avantages qu’ils en tirent. En dévoilant leur hypocrisie, il remet en cause leur pouvoir. Ils cherchent alors à le faire périr, mais n’osent pas agir immédiatement, car ils craignent la réaction du peuple.
En effet, la foule est profondément frappée par l’enseignement de Jésus. Contrairement aux scribes, il parle avec autorité, simplicité et vérité. Ses paroles touchent les cœurs, car elles ne reposent pas sur des traditions humaines, mais sur une relation vivante avec Dieu.
Au-delà de l’événement historique, ce passage porte un message universel. Le Temple ne représente pas seulement un lieu physique, mais aussi le cœur de l’homme. Jésus ne cherche pas à détruire, mais à purifier. Il invite chacun à s’interroger : qu’est-ce qui occupe la place centrale dans mon cœur ? L’argent, les intérêts personnels et les priorités humaines ont-ils remplacé Dieu ?
Par cet acte, Jésus rappelle que la vraie adoration ne se mesure pas à des rites ou à une apparence religieuse, mais à un cœur sincère, entièrement tourné vers Dieu.
11:19 Quand le soir fut venu, Jésus sortit de la ville.
11:20 Le matin, en passant, les disciples virent le figuier séché jusqu'aux racines.
11:21 Pierre, se rappelant ce qui s'était passé, dit à Jésus: Rabbi, regarde, le figuier que tu as maudit a séché.
Le soir venu, après avoir purifié le Temple, Jésus sort de la ville. Il ne reste pas à Jérusalem. Ce départ est discret, mais lourd de sens : Jésus s’éloigne après avoir posé un acte de jugement et de vérité. Il laisse le temps parler.
Le lendemain matin, en passant au même endroit, les disciples voient le figuier séché, non seulement en surface, mais jusqu’aux racines. Ce détail est essentiel. Le dessèchement n’est pas progressif, ni partiel : il est total. La vie même de l’arbre a disparu.
Pierre se souvient alors de la parole que Jésus avait prononcée la veille :
« Que jamais personne ne mange de ton fruit. »
Ce qu’il avait entendu devient maintenant visible. La parole prononcée s’est accomplie. Ce figuier représente une foi sans fruit, une religion faite d’apparence mais sans vie intérieure. Séché jusqu’aux racines, il montre que ce qui n’est pas nourri par une relation vraie avec Dieu ne peut subsister. Les feuilles peuvent tromper un temps, mais l’absence de fruit finit toujours par apparaître.
Entre la purification du Temple et le figuier desséché, le message est clair : Dieu ne cherche pas une religion qui se voit, mais une foi qui vit. Là où il n’y a pas de fruit, la vie finit par se retirer.
Pour résumer
Le schéma prophétique de Marc
Marc organise son récit de manière réfléchie, utilisant le figuier pour encadrer l’action au Temple.
Jésus voit le figuier sans fruits (11:12-14)
Le figuier illustre Israël : beaucoup de feuilles (rites et apparences), peu ou pas de fruits (justice, miséricorde, foi). La parole de Jésus annonce un jugement prophétique.
Jésus purifie le Temple (11:15-19)
Le Temple, symbole du centre religieux, reflète le figuier : cérémonies visibles mais stériles. Jésus réagit pour montrer que Dieu attend de vrais fruits.
Le lendemain, le figuier est desséché (11:20-21)
La parabole se concrétise : le figuier, qui ne porte pas de fruit, est desséché. Le jugement annoncé devient visible. Le Temple, comme le figuier, ne peut survivre sans vie spirituelle authentique.
11:22 Jésus prit la parole, et leur dit: Ayez foi en Dieu.
11:23 Je vous le dis en vérité, si quelqu'un dit à cette montagne: Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, et s'il ne doute point en son coeur, mais croit que ce qu'il dit arrive, il le verra s'accomplir.
11:24 C'est pourquoi je vous dis: Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l'avez reçu, et vous le verrez s'accomplir.
11:25 Et, lorsque vous êtes debout faisant votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi vos offenses.
11:26 Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est dans les cieux ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.
Après avoir montré la stérilité d’une foi de façade avec le figuier et le Temple, Jésus révèle le fondement de la vie spirituelle : la foi.
« Ayez foi en Dieu » : cette parole simple mais radicale ouvre tout. La foi n’est pas seulement croire que Dieu existe, mais faire confiance à son pouvoir, à sa parole et à son action.
La montagne symbolise ce qui semble impossible : obstacles, systèmes rigides, situations humaines insurmontables.
Jésus montre que ce qui est impossible pour l’homme devient possible pour celui qui croit en Dieu. Mais il précise : ce n’est pas une formule magique. La foi doit être sincère, sans doute, entièrement tournée vers Dieu.
Jésus enchaîne avec la prière :
« Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. » La foi n’est pas seulement intérieure, elle s’exprime et se manifeste dans la prière.
Croire que l’on a reçu avant même de voir le résultat signifie remettre entre les mains de Dieu ce que l’on ne peut contrôler, et s’appuyer sur sa fidélité. La prière devient un acte vivant, un dialogue avec Dieu, où la confiance prend le pas sur l’inquiétude et le doute.
C’est là que la foi cesse d’être théorique pour devenir efficace et transformante. La montagne, l’obstacle, n’est pas déplacée par la force de nos mains, mais par la puissance de la foi qui agit avec Dieu.
Enfin, Jésus relie la foi et la prière au pardon :
« Si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez… » Le pardon est indissociable de la prière et de la foi. Un cœur fermé, rempli de rancune, empêche la communion avec Dieu.
Sans pardon, la prière devient stérile. Sans amour, la foi reste vide. Le figuier était sans fruit, le Temple sans justice ; de même, un cœur qui refuse de pardonner est spirituellement stérile. Le pardon ne sert pas seulement à libérer l’autre : il ouvre notre propre cœur à l’action de Dieu, permettant à notre foi et à notre prière de porter du fruit.
Ces versets enseignent que la vie spirituelle véritable porte du fruit grâce à trois éléments liés :
La foi véritable, qui croit même contre l’évidence et confie tout à Dieu.
La prière confiante, qui exprime cette foi et s’appuie sur Dieu.
Le pardon, qui purifie le cœur et permet à la grâce de circuler.
La foi conduit à la prière, la prière au pardon, et le pardon nourrit la foi. Sans l’une de ces dimensions, la vie spirituelle devient comme le figuier : pleine de feuilles, mais sans fruit.
Ainsi, Jésus révèle que Dieu ne cherche pas des rites ou des apparences religieuses, mais des cœurs vivants, confiants et ouverts à l’amour. Une foi authentique se manifeste par des actes, une prière sincère et un cœur capable de pardonner.
Le fil logique de Marc 11
Le figuier → apparence sans fruit → jugement
Le Temple → religion sans cœur → purification
La foi → ce que Dieu attend maintenant
La prière → la foi qui s’exprime
Le pardon → la preuve que la foi est réelle
Ainsi, Jésus montre que ce qui compte vraiment, ce n’est pas l’apparence ou les rites, mais un cœur vivant, fidèle à Dieu, qui croit, prie et pardonne.
11:27 Ils se rendirent de nouveau à Jérusalem, et, pendant que Jésus se promenait dans le temple, les principaux sacrificateurs, les scribes et les anciens, vinrent à lui,
11:28 et lui dirent: Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t'a donné l'autorité de les faire?
11:29 Jésus leur répondit: Je vous adresserai aussi une question; répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais ces choses.
11:30 Le baptême de Jean venait-il du ciel, ou des hommes? Répondez-moi.
11:31 Mais ils raisonnèrent ainsi entre eux: Si nous répondons: Du ciel, il dira: Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui?
11:32 Et si nous répondons: Des hommes... Ils craignaient le peuple, car tous tenaient réellement Jean pour un prophète.
11:33 Alors ils répondirent à Jésus: Nous ne savons. Et Jésus leur dit: Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais ces choses.
Après avoir montré la stérilité de la religiosité extérieure à travers le figuier maudit et la purification du Temple, Jésus revient au Temple de Jérusalem. C’est là que les principaux sacrificateurs, les scribes et les anciens viennent l’interroger :
« Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t’a donné l’autorité de les faire ? »
Cette question n’est pas sincère. Les responsables religieux ont déjà constaté l’autorité de Jésus :
il a maudit le figuier stérile, montrant son jugement sur une foi vide,
il a purifié le Temple, dénonçant le commerce et la corruption,
il enseigne avec puissance et autorité, ce qui déstabilise le système religieux.
Ils cherchent à piéger Jésus :
s’il dit que son autorité vient de Dieu, ils pourraient l’accuser de se prétendre égal à Dieu ou de blasphémer,
s’il dit qu’elle vient des hommes, il perd toute crédibilité et s’expose à la désapprobation du peuple.
Jésus ne répond pas directement. Au lieu de cela, il retourne la question et leur demande :
« Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ? »
Cette réponse est stratégique et révèle leur cœur. Le baptême de Jean, reconnu par tout le peuple comme venant de Dieu, est lié à l’autorité de Jésus. Reconnaître Jean, c’est implicitement reconnaître Jésus comme celui qui vient après lui. Mais s’ils disent que cela vient des hommes, ils craignent la réaction du peuple et le discrédit que cela entraînerait.
Pris dans ce dilemme, ils répondent :
« Nous ne savons pas. »
À cela, Jésus répond :
« Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais ces choses. »
Cette réponse peut sembler énigmatique, mais elle a un sens profond :
Ils ont déjà montré qu’ils refusent la vérité. Leur question n’est pas sincère, c’est un piège pour tester Jésus.
L’autorité de Dieu ne s’impose pas à ceux qui ferment leur cœur. Jésus ne donne pas une réponse à ceux qui ne cherchent pas la vérité mais veulent la manipuler ou préserver leur pouvoir.
La véritable autorité de Jésus se reconnaît par ses actes, sa parole et le fruit de sa vie, et non par un titre ou une fonction religieuse.
Ce passage est profondément lié à la séquence précédente (figuier, Temple, foi, prière et pardon) :
le figuier stérile et le Temple corrompu représentent une religiosité vide, des cœurs fermés et des apparences sans fruit,
la foi, la prière et le pardon sont les signes d’une vie spirituelle authentique,
la confrontation avec les religieux révèle la différence entre l’autorité institutionnelle vide et l’autorité divine vivante.
Le message spirituel :
la vraie autorité vient de Dieu et se manifeste par une vie conforme à sa volonté,
ceux qui recherchent seulement le pouvoir ou les apparences resteront aveugles,
la reconnaissance de l’autorité de Jésus exige un cœur ouvert, capable de foi, de prière confiante et de pardon.
En résumé, ce passage enseigne que :
l’autorité divine ne se mesure pas par les titres, les postes ou les apparences, mais par la fidélité à Dieu et le fruit de la vie spirituelle,
ceux qui refusent la vérité ou qui ferment leur cœur à Dieu ne peuvent la reconnaître,
la foi authentique se manifeste dans l’action, la prière et le pardon, et c’est cette foi qui révèle la véritable autorité de Jésus.