Après le chapitre 5 de Gospel of Matthew, où Jésus pose les bases du Royaume de Dieu avec les Béatitudes et les grands enseignements sur le cœur, le chapitre 6 continue le même discours.
C’est encore le Sermon sur la montagne, mais cette fois Jésus insiste davantage sur la vie intérieure : la relation avec Dieu, les bonnes actions faites dans le secret, la prière sincère, le jeûne, et les intentions du cœur.
Il montre que la vraie foi ne se limite pas à ce qu’on fait devant les autres, mais à ce qui se vit en profondeur entre l’homme et Dieu.
6:1 Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus; autrement, vous n'aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux.
Ici, le mot “justice” ne parle pas seulement de justice envers les autres au sens de ne pas faire de mal ou d’être honnête. Il désigne plutôt une vie droite devant Dieu, c’est-à-dire les actes de piété et de fidélité, l’aumône, la prière, le jeûne et toutes les bonnes œuvres faites pour Dieu.
Mais Jésus met en garde sur un point essentiel : l’intention. Le problème n’est pas de faire ces choses, mais de les faire pour être vus des hommes, pour être remarqués, admirés ou valorisés. Dans ce cas, la personne ne cherche plus Dieu, mais la reconnaissance des autres.
Jésus explique alors qu’il existe deux types de récompense :
la récompense des hommes : l’image, la réputation, l’admiration,
la récompense de Dieu : une relation vraie et une récompense spirituelle.
Ceux qui agissent pour être vus ont déjà reçu leur récompense sur terre à travers le regard des hommes. Mais ils perdent la récompense de Dieu, car leur cœur n’était pas sincère devant Lui.
Ainsi, Jésus ne parle pas seulement des actions extérieures, mais du cœur derrière ces actions, qui doit être tourné vers Dieu et non vers soi-même.
6:2 Lors donc que tu fais l'aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d'être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense.
6:3 Mais quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite,
6:4 afin que ton aumône se fasse en secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
Après avoir averti contre le fait de pratiquer sa justice pour être vu des hommes, Jésus prend maintenant un exemple concret : l’aumône.
L’aumône désigne le fait d’aider les pauvres, de donner à ceux qui sont dans le besoin ou de faire preuve de charité envers les autres. Dans la tradition juive, c’était un acte important de justice et de compassion.
Mais Jésus montre encore une fois que le problème ne vient pas de l’action elle-même, mais de l’intention du cœur. Il dit : « Ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites. » Cette image est volontairement forte. “Sonner de la trompette” signifie faire les choses de manière visible et ostentatoire pour attirer l’attention sur soi.
Les hypocrites dont parle Jésus cherchent avant tout à être admirés et glorifiés par les hommes. Ils veulent paraître spirituels, généreux ou supérieurs devant les autres. Le mot “hypocrite” désignait à l’origine un acteur qui porte un masque.
Jésus l’utilise pour parler de ceux qui donnent une apparence religieuse extérieure alors que leur cœur cherche surtout la gloire personnelle.
Puis Jésus dit : « Ils reçoivent leur récompense. » Autrement dit, leur récompense est déjà sur terre :
l’admiration,
les compliments,
la reconnaissance des hommes.
Mais cette récompense reste humaine, limitée et passagère.
Ensuite, Jésus montre l’attitude opposée : « Que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite. » Cette image signifie que la générosité doit être faite avec discrétion et humilité, sans chercher à se mettre en avant. Le but n’est pas d’impressionner les autres, mais d’agir sincèrement devant Dieu.
Jésus ajoute : « Ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » Dieu voit ce qui est caché :
les intentions,
le cœur,
les motivations profondes.
Ainsi, la vraie récompense vient de Dieu et non du regard des hommes.
À travers cet enseignement, Jésus rappelle que la véritable justice du Royaume ne cherche pas l’apparence extérieure ou la gloire humaine. Elle vient d’un cœur humble, sincère et tourné vers Dieu seul.
6:5 Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense.
6:6 Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
Après avoir parlé de l’aumône, Jésus aborde maintenant la prière. Comme pour les bonnes œuvres, le problème n’est pas la prière elle-même, mais l’intention du cœur. Jésus critique ici les hypocrites qui aiment prier en public pour être vus et admirés par les hommes. Ils se placent dans les synagogues ou aux coins des rues afin d’attirer l’attention et de paraître très spirituels devant les autres.
Encore une fois, Jésus dit : « Ils reçoivent leur récompense. » Leur récompense est l’admiration humaine, mais leur cœur ne cherche pas réellement Dieu.
Puis Jésus montre l’attitude opposée : « Entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret. » La “chambre” représente ici un lieu de solitude, de calme et d’intimité avec Dieu. Jésus encourage à se retirer des regards, du bruit et des distractions pour chercher Dieu avec sincérité.
“Fermer la porte” symbolise aussi le fait de couper ce qui peut détourner le cœur :
les distractions,
le regard des autres,
l’envie d’impressionner,
ou les préoccupations extérieures.
La prière devient alors une relation personnelle et authentique avec Dieu. Jésus montre que la vraie prière n’est pas un spectacle religieux destiné à être vu des hommes. C’est un moment intime entre l’homme et Dieu.
Puis Jésus ajoute : « Ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » Dieu voit ce qui est caché :
le cœur,
la sincérité,
les intentions profondes
et la foi véritable.
À travers cet enseignement, Jésus rappelle que la vie spirituelle authentique ne cherche pas d’abord l’approbation humaine, mais une relation vraie et profonde avec Dieu.
6:7 En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.
6:8 Ne leur ressemblez pas; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez.
Après avoir montré que la prière doit être faite dans le secret et la sincérité, Jésus parle maintenant de la manière de prier. Il dit : « Ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens. » Les “vaines paroles” désignent des paroles répétées mécaniquement, sans véritable profondeur du cœur.
À l’époque, beaucoup de païens pensaient qu’en répétant de longues formules, en parlant beaucoup ou en récitant certaines paroles sans cesse, ils auraient plus de chances d’être entendus par leurs dieux.
Jésus met ici en garde contre une prière vide, automatique ou simplement extérieure. Le problème n’est pas de prier longtemps, car Jésus lui-même priait parfois longtemps. Le problème est de croire que la quantité de mots suffit à toucher Dieu. Dieu ne répond pas parce qu’une personne parle beaucoup, mais parce qu’il voit la sincérité du cœur.
Puis Jésus ajoute : « Votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. » Cette parole montre la relation de confiance que le croyant doit avoir avec Dieu.
Dieu connaît déjà :
nos besoins,
nos difficultés,
nos peurs
et nos pensées.
La prière ne sert donc pas à informer Dieu comme s’il ignorait quelque chose. Elle sert surtout à entrer en relation avec Lui, à lui faire confiance,
à ouvrir son cœur et à dépendre de Lui.
6:9 Voici donc comment vous devez prier: Notre Père qui es aux cieux! Que ton nom soit sanctifié;
6:10 que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
6:11 Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien;
6:12 pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés;
6:13 ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin. Car c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen!
Jésus donne ici un modèle de prière simple, sincère et profond. Le “Notre Père” n’est pas seulement une prière à répéter mécaniquement. D’ailleurs, juste avant, Jésus met en garde contre les paroles répétées sans sincérité. Cette prière est surtout un exemple de la manière de s’approcher de Dieu avec un cœur vrai. À travers ces paroles, Jésus pose les fondations essentielles de la relation avec Dieu :
la confiance → “Notre Père”
l’adoration → “Que ton nom soit sanctifié”
l’obéissance → “Que ta volonté soit faite”
la dépendance envers Dieu → “Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien”
le pardon → “Pardonne-nous… comme nous pardonnons”
la protection spirituelle → “Délivre-nous du malin”
Le “Notre Père” résume donc l’attitude intérieure du croyant devant Dieu : un cœur qui fait confiance à son Père, qui l’honore, dépend de lui, cherche sa volonté, apprend le pardon et demande sa protection.
6:14 Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi;
6:15 mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.
Après le “Notre Père”, Jésus revient immédiatement sur un point essentiel : le pardon. Ce n’est pas un hasard, car le pardon est au centre de la relation avec Dieu et avec les autres.
Jésus déclare : « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi. » Le pardon ici ne signifie pas dire que le mal était acceptable ou qu’une blessure n’a pas été réelle.
Pardonner, c’est refuser de garder la haine, la rancune ou le désir de vengeance dans son cœur. C’est choisir de remettre la situation à Dieu plutôt que de laisser l’amertume nous détruire intérieurement.
Puis Jésus ajoute : « Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus. » Cette parole peut sembler dure, mais Jésus montre une vérité profonde, un cœur qui refuse totalement de pardonner est un cœur qui n’a pas encore pleinement compris la grâce et le pardon de Dieu.
Car tous les hommes ont besoin du pardon de Dieu. Ainsi, celui qui reçoit réellement la miséricorde de Dieu est appelé à transmettre cette même miséricorde aux autres.
Le pardon ne veut pas dire que tout devient facile immédiatement. Certaines blessures sont profondes et demandent du temps. Mais Jésus montre que le croyant ne doit pas nourrir volontairement la haine ou fermer son cœur au pardon.
À travers cet enseignement, Jésus rappelle que la vie du Royaume ne repose pas seulement sur des paroles ou des pratiques religieuses,
mais sur un cœur transformé par l’amour, la grâce et la miséricorde de Dieu.
6:16 Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense.
6:17 Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage,
6:18 afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
Jésus applique maintenant le même principe au jeûne. Comme pour l’aumône et la prière, le problème n’est pas le jeûne lui-même, mais l’intention du cœur derrière cette pratique.
Le jeûne est une manière de s’humilier devant Dieu, de se consacrer davantage à la prière, de chercher Dieu plus profondément et de apprendre à dépendre de Lui plutôt que de ses désirs personnels.
Mais certains cherchaient à montrer leur jeûne extérieurement :
visage triste,
apparence fatiguée,
air abattu,
afin que tout le monde remarque leur “spiritualité”.
Jésus les appelle encore des hypocrites, car leur objectif n’est pas réellement Dieu, mais l’admiration des hommes.
Puis Jésus dit : « Ils reçoivent leur récompense. » Leur récompense est simplement le regard et les compliments des hommes. Mais Jésus demande au contraire : « Parfume ta tête et lave ton visage. » Autrement dit, ne cherche pas à montrer extérieurement ton sacrifice ou ta pratique spirituelle.
Le jeûne doit rester quelque chose de sincère entre toi et Dieu.
Encore une fois, Jésus insiste sur le secret : « Ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » Dieu voit ce que les hommes ne voient pas :
les intentions,
les sacrifices cachés,
la sincérité du cœur
et le désir véritable de chercher Dieu.
À travers l’aumône, la prière et le jeûne, Jésus enseigne donc le même principe : la vraie spiritualité ne cherche pas l’apparence extérieure ou les louanges humaines, mais une relation sincère et profonde avec Dieu.
6:19 Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent;
6:20 mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent.
Les trésors terrestres représentent tout ce qui est matériel et temporaire :
l’argent,
les possessions,
la réussite,
le statut,
ou tout ce dans quoi l’homme place sa sécurité absolue.
Jésus rappelle que toutes ces choses restent fragiles et passagères. La “teigne” et la “rouille” symbolisent ce qui détruit avec le temps. Même les richesses les plus solides finissent par disparaître, se détériorer ou être perdues.
Puis Jésus ajoute : « Les voleurs percent et dérobent. » Cela montre que les biens terrestres restent toujours vulnérables :
ils peuvent être volés,
perdus,
ou disparaître du jour au lendemain.
Jésus ne dit pas que posséder des biens est mauvais en soi. Le problème vient lorsque le cœur s’attache aux choses terrestres au point d’en faire sa sécurité, son but ou son trésor principal.
Puis Jésus oppose cela aux “trésors dans le ciel”. Les trésors célestes représentent tout ce qui a une valeur éternelle devant Dieu :
la foi,
l’amour,
la miséricorde,
la fidélité,
les bonnes œuvres sincères,
l’obéissance à Dieu
et la relation avec Lui.
Contrairement aux richesses terrestres, ces trésors ne disparaissent pas. Ils ne peuvent être ni détruits, ni volés, car ils appartiennent au Royaume de Dieu.
À travers cet enseignement, Jésus invite donc à ne pas vivre uniquement pour ce qui est temporaire et matériel, mais à investir son cœur dans ce qui est éternel et spirituel devant Dieu.
6:21 Car là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur.
Le “trésor” représente ce que l’homme considère comme le plus précieux dans sa vie :
ce à quoi il s’attache,
ce qu’il recherche le plus,
ce dans quoi il investit son temps, son énergie, ses pensées et son cœur.
Et dans la Bible, le “cœur” représente le centre intérieur de l’homme :
les désirs,
les intentions,
la volonté,
les priorités
et les affections profondes.
Jésus montre donc que le cœur finit toujours par suivre ce que l’on considère comme notre véritable trésor.
Si le trésor d’une personne est uniquement terrestre :
l’argent,
les possessions,
la réussite,
la gloire,
ou les plaisirs du monde,
alors son cœur sera attaché à ces choses temporaires et fragiles.
Mais si son trésor est tourné vers Dieu et le Royaume :
la foi,
la vérité,
l’amour,
la justice,
la miséricorde
et la relation avec Dieu,
alors son cœur se dirigera vers les réalités spirituelles et éternelles.
À travers ce verset, Jésus invite chacun à examiner honnêtement où se trouve réellement son trésor, car cela révèle l’orientation profonde du cœur.
6:22 L'oeil est la lampe du corps. Si ton oeil est en bon état, tout ton corps sera éclairé;
6:23 mais si ton oeil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres!
Après avoir parlé des trésors du cœur, Jésus parle maintenant du regard intérieur de l’homme.
Quand il dit : « L’œil est la lampe du corps », il utilise une image pour parler de la manière dont une personne voit les choses et oriente sa vie.
L’œil représente ici le regard intérieur :
la manière de voir,
de penser,
de désirer
et de percevoir le bien et le mal.
Si l’œil est “en bon état”, cela signifie un cœur simple, sincère et tourné vers Dieu. La personne cherche la vérité, la lumière, les valeurs du Royaume et la volonté de Dieu. Alors toute sa vie sera “éclairée”, c’est-à-dire guidée dans la bonne direction.
Mais si l’œil est “en mauvais état”, cela représente un cœur rempli par :
l’orgueil,
la jalousie,
l’avidité,
les désirs du monde
ou une vision corrompue.
Dans ce cas, l’homme marche dans les ténèbres spirituelles, car son regard intérieur n’est plus dirigé vers Dieu. Jésus montre donc que la manière dont une personne regarde le monde influence tout son être intérieur.
Si le regard est pur et tourné vers Dieu → il y a la lumière.
Si le regard est corrompu et centré sur le monde → il y a les ténèbres.
Puis Jésus avertit : « Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres. » Autrement dit, si une personne pense être dans la lumière alors que son cœur est en réalité éloigné de Dieu, son aveuglement spirituel devient encore plus grave.
Ce passage appelle donc à garder un cœur simple, pur et centré sur Dieu, afin que toute la vie soit dirigée par sa lumière.
6:24 Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon.
Après avoir parlé des trésors du cœur et du regard intérieur, Jésus va encore plus loin, il parle maintenant de ce que l’homme sert réellement dans sa vie.
Il dit : « Nul ne peut servir deux maîtres. » Autrement dit, le cœur finit toujours par appartenir principalement à quelque chose.
Le mot “Mammon” désigne les richesses matérielles :
l’argent,
les possessions,
le luxe,
la recherche du profit
et l’attachement aux biens du monde.
Mais ici, Jésus ne parle pas simplement de posséder de l’argent. Le problème est lorsque l’argent devient un maître, c’est-à-dire quelque chose qui dirige le cœur, les pensées et les choix de la vie.
Car Dieu et Mammon poursuivent deux directions opposées :
Dieu appelle :
à l’humilité,
à la confiance,
à l’amour,
à la générosité,
à la dépendance envers Lui
et aux trésors célestes.
Mammon pousse :
à l’avidité,
à l’orgueil,
à la recherche du pouvoir,
à l’égoïsme,
à la dépendance matérielle
et aux trésors du monde.
Jésus montre donc qu’un cœur partagé finit par être divisé intérieurement. Si l’homme vit principalement pour l’argent, le statut ou les richesses, alors ces choses prennent progressivement la place de Dieu dans son cœur.
Ce passage n’enseigne pas que l’argent est mauvais en lui-même, mais qu’il devient dangereux lorsqu’il devient le centre de la vie et l’objet principal de confiance. Ainsi, Jésus appelle à choisir quel “maître” dirige réellement le cœur :
Dieu et les valeurs du Royaume,
ou Mammon et les valeurs du monde.
6:25 C'est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?
Jésus commence maintenant à parler de l’inquiétude et des préoccupations matérielles :
la nourriture,
les vêtements,
et les besoins de la vie quotidienne.
Mais il rappelle une vérité importante, la vie est plus grande que les choses matérielles. « La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? » Autrement dit, si Dieu nous a donné la vie elle-même, alors il peut aussi prendre soin de ce qui est nécessaire pour la soutenir.
Jésus ne dit pas que les besoins matériels sont sans importance. Il montre surtout qu’ils ne doivent pas devenir le centre de notre cœur ou de nos pensées. L’inquiétude excessive révèle souvent un manque de confiance en Dieu et dans sa fidélité.
À travers cet enseignement, Jésus invite donc ses disciples à replacer leur confiance en Dieu plutôt que de vivre constamment dans la peur du manque.
6:26 Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux?
Jésus prend maintenant l’exemple des oiseaux du ciel.
Ils ne sèment pas,
ne moissonnent pas,
et n’amassent pas de réserves dans des greniers.
Pourtant, Dieu les nourrit chaque jour. À travers cette image simple, Jésus montre que la création entière dépend de Dieu. Les oiseaux vivent sans être consumés par l’inquiétude du lendemain, et malgré leur fragilité, Dieu prend soin d’eux.
Puis Jésus pose cette question : « Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? » Les êtres humains ont une valeur particulière aux yeux de Dieu. S’il prend soin des oiseaux, combien plus prendra-t-il soin de ses enfants. Jésus encourage donc ici une confiance simple et profonde envers Dieu. Cela ne veut pas dire qu’il faut devenir passif ou ne plus travailler. Les oiseaux cherchent aussi leur nourriture.
Mais Jésus montre que le croyant ne doit pas vivre dominé par la peur du manque ou l’obsession du lendemain. Même au milieu des besoins et des responsabilités, Dieu reste celui qui pourvoit et prend soin de ses enfants.
6:27 Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie?
Jésus montre ici l’inutilité de l’inquiétude. Il pose une question simple mais profonde : « Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ? » Une “coudée” était une ancienne mesure d’environ 45 centimètres.
Jésus utilise cette image pour montrer qu’aucune inquiétude ne peut réellement changer le cours de notre vie. Se faire du souci constamment ne prolonge pas la vie, ne contrôle pas l’avenir et ne règle pas les choses que seul Dieu maîtrise.
L’inquiétude donne souvent l’illusion du contrôle, mais en réalité elle épuise le cœur sans apporter de solution. À travers cet enseignement, Jésus invite donc ses disciples à remplacer l’anxiété par la confiance en Dieu.
Puisque Dieu connaît déjà nos besoins et tient notre vie entre ses mains, le croyant est appelé à vivre dans la foi plutôt que dans la peur du lendemain.
6:28 Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement? Considérez comment croissent les lis des champs: ils ne travaillent ni ne filent;
6:29 cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux.
6:30 Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui existe aujourd'hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi?
Les lis des champs : la confiance dans le soin de Dieu
Jésus prend maintenant l’exemple des lis des champs, des fleurs simples qui poussent naturellement dans les campagnes.
Elles ne travaillent pas,
ne fabriquent pas de vêtements,
et pourtant elles sont revêtues d’une grande beauté.
Puis Jésus compare cette beauté à celle de Salomon, connu pour sa richesse et sa gloire. Même Salomon, avec tout son luxe et ses vêtements royaux, n’était pas vêtu comme une simple fleur créée par Dieu.
À travers cette image, Jésus montre que Dieu prend soin même des choses les plus fragiles et temporaires de sa création. Or, si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe seulement pour un temps, combien plus prendra-t-il soin des êtres humains.
Jésus révèle alors la vraie racine de l’inquiétude : le manque de foi. « Gens de peu de foi » Autrement dit, l’inquiétude excessive apparaît souvent lorsque le cœur oublie que Dieu est un Père qui prend soin de ses enfants.
Ce passage invite donc à faire confiance à Dieu plutôt qu’à vivre constamment dans la peur du manque ou du lendemain
6:31 Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous? que boirons-nous? de quoi serons-nous vêtus?
6:32 Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
6:33 Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus.
6:34 Ne vous inquiétez donc pas du lendemain; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.
Jésus conclut cet enseignement sur l’inquiétude en appelant ses disciples à changer leurs priorités. Il dit : « Ne vous inquiétez donc point. »
Les préoccupations matérielles :
la nourriture,
la boisson,
les vêtements
occupent constamment les pensées des hommes.
Jésus explique que ce sont surtout “les païens” qui recherchent ces choses en priorité, c’est-à-dire ceux qui vivent sans véritable confiance en Dieu.
Mais le croyant doit avoir une autre manière de vivre, car : « Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. » Dieu connaît déjà les besoins de ses enfants.
Jésus invite donc à remplacer l’inquiétude par la confiance. Puis il donne l’un des enseignements centraux du chapitre : « Cherchez premièrement le Royaume et la justice de Dieu. » Chercher le "Royaume" de Dieu signifie rechercher avant tout :
Dieu lui-même,
sa volonté,
ses valeurs,
sa présence
et la vie selon ses voies.
Et “sa justice” désigne la vie droite et fidèle que Dieu demande :
l’amour,
la vérité,
la miséricorde,
l’humilité,
l’obéissance,
le pardon
et les valeurs du Royaume.
Autrement dit, Jésus enseigne que le croyant ne doit pas vivre principalement pour les choses matérielles, mais pour Dieu et son Royaume.
Puis il ajoute : « Et toutes ces choses vous seront données par-dessus. » Cela ne veut pas dire une vie sans difficultés, mais que Dieu prend soin de ceux qui mettent leur confiance en Lui.
Enfin Jésus conclut : « Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; à chaque jour suffit sa peine. » Le croyant est appelé à vivre un jour à la fois, sans être consumé par la peur de l’avenir.
Chaque journée a déjà ses propres difficultés, et Dieu donne sa grâce pour chaque jour au moment voulu.
Ainsi, dans Matthieu 6, Jésus révèle que la vraie vie du Royaume ne repose pas sur l’apparence extérieure, les richesses ou l’inquiétude du monde, mais sur un cœur sincère qui cherche Dieu avant tout.
À travers l’aumône, la prière, le jeûne, les trésors célestes et la confiance en Dieu, Jésus enseigne à vivre dans une relation profonde avec le Père, loin de l’hypocrisie et de la peur du lendemain.
Puis, dans le chapitre 7, Jésus ira encore plus loin en parlant du jugement, du discernement, des faux semblants spirituels et surtout de la nécessité de mettre réellement en pratique les paroles du Royaume.